Emmanuel Macron file droit, tout droit, vers la présidentielle. L'à peine quadragénaire incarne, comme il dit, le « monde de demain ». Il transcende les vieilles lunes marxistes et les crispations réflexe de la droite. Au soir du 22 avril, il se qualifie pour le deuxième tour face à Marine Le Pen, héraut de la « société ouverte » contre le repli lepéniste. Ce soir-là, il ouvre grand les bras et appelle au rassemblement des « bonnes volontés » contre l'instrumentalisation par la famille Le Pen des « passions tristes » qui dévorent la France. Il lève même peut-être les yeux au ciel pour faire un discret clin d'œil à Dieu, à qui il lui arrive de parler dans les replis de son cœur. Il l'a dit récemment à la confesseuse Anna Cabana, dans le Journal du Dimanche : « [Il] ne renie pas la dimension christique » de son engagement. On a cru entendre le dernier François Mitterrand invoquant les « forces de l'esprit ».