MoDem-UDF: débat «nullissime» dixit Michel Mercier

Alors que le sénateur Jean Arthuis conteste les détails du vote du bureau politique de l'UDF, remporté mercredi 16 avril par François Bayrou, le chef de file des sénateurs centristes, Michel Mercier, évoque un «débat nullissime» sur des «questions secondaires de structure».

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Mis en minorité lors du vote du bureau politique de l’UDF, mercredi 16 avril, le sénateur centriste Jean Arthuis a contesté, jeudi, la version de François Bayrou sur le déroulement de la réunion, dénonçant ses «pratiques totalitaires». Contacté par Mediapart, le trésorier du MoDem et chef de file des sénateurs centristes, Michel Mercier, évoque quant à lui un «débat nullissime» sur des«questions secondaires de structure».

Après trois heures de réunion, deux votes avaient eu lieu mercredi. Le premier sur une éventuelle renaissance de l’UDF, le second sur les questions de patrimoine et de financement. François Bayrou avait obtenu une large majorité pour les deux, mettant les partisans d'une renaissance de l'UDF en échec.


Jean Arthuis «conteste» le résultat du premier scrutin. «Ça n’était pas six mais huit voix [sur 25] contre la ligne de François Bayrou au premier vote », nous a-t-il expliqué. «Faux, réplique l’entourage de François Bayrou, qui nous a confirmé le chiffre de six. Michel Mercier s’est abstenu et Marcel Deneux, le sénateur de la Somme, a voté contre un retour à l’UDF.» Interrogé par Mediapart, Michel Mercier affirme «ne pas avoir pris part au vote. Il n’avait pas d’utilité, son résultat était connu d’avance puisque c’est François Bayrou qui avait nommé le bureau». Le chef de file des sénateurs centristes avait pourtant pesé pour que la réunion du bureau ait lieu. «Nous allons voir comment il peut y avoir de la place pour tout le monde, et si ce sigle a encore un avenir (...) Pour des gens qui n'ont pas vu François depuis longtemps, c'est une occasion de dire ce qu'ils ont sur le cœur depuis les municipales et même la présidentielle», déclarait-il à Libération le 14 avril.

«Si on est UDF, on est automatiquement MoDem, ce que je conteste. J’entends qu’on ne m’empêche pas de m’exprimer », s’insurge Jean Arthuis, qui a claqué la porte du MoDem il y a dix jours. La résolution du règlement intérieur de l'UDF, adoptée le 30 novembre au congrès de Villepinte, y compris par lui, est pourtant limpide : « A dater du 1er décembre 2007, tout adhérent de l’UDF est adhérent du Mouvement Démocrate. » Au MoDem, on répète qu'«il y a eu un vote. Bayrou a été plus que majoritaire, il n’y aura pas de retour à l’UDF ».

«Les questions de structure sont secondaires»

Autre élément de désaccord selon Jean Arthuis: les fonds publics du l’UDF, dont François Bayrou a annoncé à l'issue de la réunion de mercredi qu'ils iraient «au MoDem». «Toute la campagne législative a été payée par l’UDF et on voudrait attribuer les fonds au MoDem ? Le trésorier Michel Mercier s’est d’ailleurs élevé contre cela, nous a assuré Jean Arthuis, avant d’ajouter : Il n’y avait aucun document, aucun chiffre, aucun budget sur la table. Cela illustre la gouvernance que nous blâmons. On a été huit à estimer qu’on ne pouvait pas délibérer dans ces conditions, donc on est partis: il y avait Thierry Cornillet (député européen), Michel Mercier (trésorier du MoDem et chef de file des sénateurs centristes), Philippe Nogrix et Yves Détraigne (sénateurs), Catherine Morin-Desailly et Françoise Ferat (sénatrices), et Marcel Deneux (sénateur).»

«J’ai effectivement fait valoir mon opinion par rapport aux fonds publics, mais je suis sorti parce qu’il était tard, et qu’on ne vote pas à 21h15 un texte sorti à 21h10, nous a expliqué Michel Mercier. Ce débat-là est nullissime, il y a bien d’autres choses qui intéressent les gens!»


Dernier point de discorde : le sort du siège de l’UDF, actuellement occupé par le MoDem. François Bayrou avait déclaré mercredi qu’une «convention» portant notamment sur l'entretien du siège allait «édicter les règles entre les deux entités». Pour Jean Arthuis, rien n'a été tranché et «l’UDF est propriétaire aux deux tiers des locaux. Il y a des voies de droit, on ne peut pas faire n’importe quoi avec un vote. J’estime que ceux qui sont UDF ont autant le droit de revendiquer ce patrimoine.»
Bien que minoritaire, le sénateur de la Mayenne compte continuer «de se faire entendre. Personne ne peut nous empêcher de rassembler les centristes. Je reçois des messages, des courriers de gens prêts à nous rejoindre. Nous allons faire le point avec Thierry Cornillet et les autres. Je souhaite qu’il y ait une autre réunion du comité ».

Michel Mercier, qui avait pris, depuis les municipales, ses distances par rapport au MoDem sans pour autant le quitter, reste plus évasif: «Je veux un centre indépendant, capable de faire des propositions, de s’allier parfois avec ceux qui ont des vues communes. Les questions de structure existent, on les réglera, mais elles sont secondaires, et ce qui m’intéresse, ce sont les problèmes des gens.»

Marine Turchi


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