La loi de transition énergétique que Ségolène Royal présente mercredi 18 juin en conseil des ministres n’accordera pas à l’État le pouvoir de fermer des réacteurs nucléaires. C’était pourtant l’un de ses objectifs affichés il y a encore quelques mois. « Réussir la transition énergétique suppose d’avoir de nouveaux instruments. Le premier instrument, c’est le pilotage de la politique énergétique », assurait François Hollande le 20 septembre 2013 lors de la deuxième conférence environnementale. « Je souhaite désormais que l’État puisse être le garant de la mise en œuvre de la stratégie énergétique de notre pays. Il ne s’agit pas de se substituer à l’opérateur, mais de maîtriser la diversification de notre production d’électricité selon les objectifs que la nation, souverainement, aura choisis. » Le chef de l'État ne parlait pas explicitement de fermeture de centrales mais bien de souveraineté nationale, et donc, implicitement de sa volonté de créer un nouveau rapport de force avec EDF.

« Le président de la République a dit que le projet de loi devait rendre leur responsabilité aux politiques en la matière, c’est un élément très important », constatait quelques semaines plus tard Francis Rol-Tanguy, alors délégué à la fermeture de Fessenheim (il conseille aujourd’hui Ségolène Royal).