A Bayonne, nouvelle porte d’entrée des migrants, «l’urgence fait exploser les frontières politiques»

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Une fois la frontière franco-espagnole franchie, des migrants affluent par milliers à Bayonne. Là, le maire de centre-droit et des militants de gauche ont bricolé, main dans la main, un hébergement d’urgence sous le nez du préfet. Les exilés s’y reposent des violences subies au Maghreb, avant de sauter dans un bus et de se disperser aux quatre coins de France. Reportage dans les Pyrénées.

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Pays basque espagnol et département des Pyrénées-Atlantiques, envoyée spéciale.- Alors que la nuit et le froid tombent sur Irun (Espagne), le front et le nez d’Aliou* se couvrent de sueur – des gouttelettes de peur, de rage et de honte mêlées. Si près du but, ce Sénégalais de 18 ans se sent piégé, comme enlisé sur la mauvaise rive du fleuve qui sert de frontière avec la France, la plus facile a priori de son exil. Il n’en finit plus de bégayer pour raconter sa journée : à trois reprises depuis ce matin, il a tenté sa chance dans un bus en direction de Bayonne, en payant bien son billet comme les bénévoles le lui ont conseillé.