Violences sexuelles: franchir le barrage de la police et de la justice

L'injonction à porter plainte faite aux femmes qui ont dénoncé les violences sexuelles qu'elles avaient subies sur Twitter, relayée par la ministre de la justice elle-même, se heurte à la réalité des faits. Beaucoup de femmes n'osent tout simplement pas. Et celles qui le font se heurtent souvent à un mur d'incompréhension, quand ce n'est pas de l'hostilité.

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Le 17 octobre, quelques jours après l’apparition sur les réseaux sociaux du hashtag #balancetonporc par lequel des femmes de tous horizons exposaient sur Twitter les violences sexuelles qu’elles avaient subies, Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, estimait qu’il fallait que « les femmes qui ont réellement subi des violences de cette nature-là, et celles qui s'estiment puissamment choquées, puissent porter plainte ». La ministre incitait ainsi les auteures de témoignage « à aller porter plainte. C'est un mouvement sur lequel il faut aller jusqu'à une traduction judiciaire, si cela peut se faire ». L’injonction à porter plainte se retrouvait également sur les réseaux sociaux, notamment par des hommes. Or, les choses ne sont pas si simples.

D’abord parce que ces violences sexuelles, verbalisées ces jours-ci, ne l’ont pas forcément été sur le moment : la honte, le dégoût, la peur aussi ont pu freiner le passage par la case plainte. Ensuite, l’expérience de celles qui sont passées par un commissariat, une gendarmerie, un bureau de procureur, un procès, a pu aussi rebuter. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : une femme sur sept (14,5 %) a été concernée au moins une fois dans sa vie par un cas de violence sexuelle, selon une étude de l'INED. En 2014, 30 000 plaintes avaient été déposées en gendarmerie ou au commissariat, mais entre 5 000 et 7 000 condamnations pour violences sexuelles sont prononcées chaque année, selon les chiffres du ministère de la justice.

Mediapart a décidé de recueillir les témoignages de plusieurs femmes qui ont décidé de porter plainte. Des récits qui illustrent à quel point la police comme la justice ont encore beaucoup de travail à faire pour mieux appréhender ces violences. Comme le rappelait récemment la porte-parole de l'association féministe Osez le féminisme sur Europe 1, Marie Allibert : « Ce que ça montre [le succès de #balancetonporc – ndlr] aussi, c'est l'incapacité de la police et de la justice à prendre en charge ces cas-là. Si les femmes pouvaient porter plainte simplement, sans que ce soit traumatisant pour elles, elles le feraient. Mais si elles n'arrivent pas à le faire et qu'elles préfèrent parler sur Twitter, c'est parce que c'est très, très dur encore aujourd'hui de porter plainte. »

Natalie (voir notre boîte noire), 24 ans, assistante de production dans le cinéma, avait décidé d’enfouir au plus profond d’elle le viol dont elle a été victime il y a un peu plus d’un an, en se disant que, peut-être, le temps, le déni allaient tout effacer. Elle avait connu son agresseur lors de son hospitalisation pour dépression. « J’avais fait une petite fête chez moi. Je l’avais invité. Il a attendu que tous les invités partent pour rester seul avec moi. Toute la soirée, il m’a fait boire. J’étais ivre quand il a abusé de moi, je ne me souviens pas de tous les détails, qu’il m’a attachée au lit, que je criais, me débattais en disant “non” mais qu’il continuait. » Le matin, elle s’est « sentie bizarre », bien « consciente d’avoir été violée » mais « pas assez forte pour porter plainte ». Alors elle a choisi de se taire, de ne rien dire, mue par la « peur d’être traitée par les policiers de menteuse, de fille consentante, qui l’a bien cherché »

Un autre souvenir traumatique hante Natalie, une agression sexuelle classée sans suite lorsqu’elle avait 13 ans et qui n’est autre qu’un viol. « Un type que je connaissais m’avait forcée à lui faire une fellation. Mes parents m’avaient accompagnée porter plainte. Les flics avaient laissé entendre que j’avais été consentante. » Finalement, Natalie a dû parler, raconter ce qui lui est arrivé l’année dernière car son agresseur est revenu à la charge. « Il a cassé quelques semaines plus tard la fenêtre de chez moi et j’ai dû appeler la police qui est intervenue. J’ai expliqué aux policiers ce qu’il s’était passé. Ils m’ont dit d’aller au commissariat porter plainte. Ce que j’ai fait. Mais je le regrette. Deux enquêteurs m’ont posé des questions humiliantes, absurdes, si j’étais déviante, quelles étaient mes positions préférées. L’un d’entre eux m’a dit : “Mais je suis sûr que tu aimes ça, le sexe violent.” Ils m’ont reproché de ne pas pleurer, de ne pas m’effondrer en racontant le viol. » La procédure sera lancée mais l’enquête « bâclée », selon Natalie. « J’ai donné le nom du type, ils l’ont retrouvé mais c’était sa parole contre la mienne. Il n’y a jamais eu de confrontation. J’ai eu un examen médical, trente jours d’ITT, une expertise psychiatrique dont j’ignore le résultat. Ma plainte a été classée sans suite. »

« Pourquoi 90 % des plaintes sont classées sans suite par les parquets ? Est-ce parce que les enquêtes sont bâclées, déjà connotées dans les commissariats et les gendarmeries, “elle était bourrée, elle traînait seule le soir, etc. ?” », s’interroge Natalie qui essaie de tourner la page et qui « va un peu mieux » depuis qu’elle a vu la parole des femmes se libérer sur les réseaux sociaux et constaté, surtout, qu’elle n’était pas la seule à avoir enduré les dysfonctionnements d’un commissariat dans le recueil si important de la parole des victimes des violences sexuelles. 

Sandrine ne lui donnera pas tort. La jeune femme d’aujourd’hui 25 ans a essayé de porter plainte dans « un gros commissariat » en 2013, après avoir vu sur internet une vidéo de son viol, « par plusieurs hommes plus âgés qu’elle », alors qu’elle n’avait que 13 ans. « Il y avait beaucoup de monde dans le commissariat, c’est peut-être pour ça que je n’ai pas été dans un service spécialisé », raconte-t-elle. Elle décrit des bureaux de policiers dont les murs sont parés d’affiches de femmes nues : « Derrière le policier qui m’entendait, il y avait même l’affiche d’un club échangiste. » « Dès le début, les policiers avaient l’air blasé, ils levaient les yeux au ciel et soupiraient pendant que je racontais mon histoire », dit-elle. « Après, ils ont lancé de petites remarques. Le fait que j’étais ivre au moment du viol s’est retourné contre moi, ils me disaient “quand on cherche, on trouve”. Ils m’ont demandé si j’avais bien dit “non” à plusieurs reprises. »

Les policiers n’ont finalement pas pris la plainte de Sandrine. Celle-ci a tout de même témoigné sur Twitter. Si la consommation d’alcool lui a évité le trauma du viol, c’est aujourd’hui l’existence de la vidéo et son passage au commissariat qui continuent de lui peser. 

Un policier : « Vous êtes charmante, on pourrait se revoir ? »

Laurette est handicapée, en fauteuil roulant depuis la naissance. En 2013, au retour d’un séjour en Italie lors duquel elle s’était blessée et portait donc, en sus, un plâtre, elle invite « un ami à prendre un café ». Celui-ci l’a violée. « Avec un fauteuil c’est facile », explique-t-elle aujourd’hui. Au début, elle ne souhaitait pas porter plainte, avant de se laisser convaincre par une amie, elle-même policière à Paris. Deux policiers sont venus chez elle, l’ont emmenée à l’hôpital. Le lendemain, deux autres policiers l’interrogent : « Vous l’avez forcément aguiché un peu non ? », « peut-être que vos paroles ont été un peu ambiguës ? ». « En gros, explique Laurette, ils me reprochaient de l’avoir laissé rentrer chez moi. Ensuite, j’ai eu le droit à des railleries. On était en été donc je portais un short et un débardeur, ce qui suffisait selon eux à faire de moi une aguicheuse. » La plainte est classée sans suite – « j’ai reçu un courrier, même pas un coup de téléphone », son agresseur n’a même jamais été entendu. Témoigner sur Twitter n’a pas été facile non plus, « parce que des membres de ma famille me suivent ». Et la réaction de certains internautes, qui sont allés jusqu’à lui demander la preuve de son dépôt de plainte, l’a parfois « laissée sans voix »

Delphine a été violée en 2012. Elle n’a jamais porté plainte « parce que c’était mon copain et que j’avais bu ». Elle « avait peur, surtout, du discours habituel ». Et pour cause. Quelques années auparavant, elle avait accompagné une amie qui avait eu un « problème très grave avec un membre de sa famille ». Quand la mère de cette amie est arrivée au commissariat, un policier a lancé : « Quand on voit comment est habillée la mère, pas étonnant de voir ce qui arrive à la fille. » « C’était franchement scandaleux. En plus, toutes les familles n’ont pas forcément le capital culturel pour répondre à ça. Et honnêtement, même avec mon capital culturel, au bout d’un moment avec ce genre de remarques, on finit par baisser les bras. »

Émilie aussi a fini par baisser les bras. Âgée de 22 ans en 2009, elle a été agressée sexuellement sur le chemin du retour, en revenant chez elle après son travail étudiant. Son agresseur lui a soulevé la jupe, lui a touché les fesses et la vulve. Elle raconte la suite : « Je suis allée au commissariat de quartier, juste à côté. Les policiers m’ont demandé si je souhaitais déposer une plainte ou une main courante mais à l’époque, je ne savais même que j’avais subi une agression sexuelle. En plus, les flics se marraient parce qu’à cette époque, il y avait plein de vidéos sur Youtube de mecs qui soulevaient des jupes. » Elle dépose juste une main courante. Elle est rappelée plus tard par la brigade des mœurs, après une série d’agressions ressemblant à la sienne. Ils m’ont demandé de revenir comme j’étais habillée le jour de mon agression et m’ont montré des photos. « Franchement, les flics n’étaient pas méchants, note-t-elle, mais dans leur bureau, il y avait des photos de meufs à poil, des vrais catalogues de routier. Je me mettais à la place d’une victime de viol, une fille traumatisée – alors que moi j’étais juste choquée. Ça a duré une heure et demie environ. »

Mais l’histoire d’Émilie ne s’arrête pas là. Le soir même, elle boit un verre avec des amis quand elle reçoit un texto. L’un des deux policiers lui écrit : « Vous êtes charmante, on pourrait se revoir ? » « Vu l’absurdité du truc, moi et mes amis on se demandait même si le type se rendait compte », explique Émilie. Elle n’a pas eu de nouvelles depuis et a de toute façon « déménagé »

D’indélicats, les policiers peuvent parfois largement dépasser les bornes. Sylvie en a fait à plusieurs reprises l’expérience. D’abord en 2013, pendant les manifestations de « La manif pour tous ». Avec des amies, elle taguait contre celle-ci quand elle « a fait la connerie de s’éloigner du groupe ». Les policiers l’arrêtent pour un contrôle d’identité. Dans le véhicule, les policiers tentent de lui faire avouer qu’elle était en train de taguer. Elle nie, puis insiste pour savoir où elle est emmenée. « À un moment, au feu rouge, un policier à l’avant se retourne et me lance, dans un sourire, “tu sais qu’on t’a pour nous tout seuls”. » Elle est finalement relâchée après un contrôle d’identité au commissariat. Mais deux ans plus tard, Sylvie se fait de nouveau arrêter au moment de la mobilisation pendant la COP21 à Paris. Elle finit en garde à vue. « Je voulais passer le moins de temps possible en cellule, donc au moment de mon interrogatoire, j’ai essayé de faire durer, raconte-t-elle. L’officier de police judiciaire joue d’abord la confiance, m’expliquant que comme j’étais une militante écolo, c’était pas trop grave. Et puis tout à coup, il se met à regarder mes pieds et à m’expliquer qu’ils étaient tout petits. Il me demande de me lever pour comparer avec les siens. J’avoue, je joue un peu l’ingénue. Mais ça continue, pour mieux comparer nos pieds, il me passe le bras autour de la taille, ensuite il me parle de mes yeux, de mes cheveux. Et termine carrément par une blague raciste. Quand je lui dis que la couleur de mes cheveux, c’est blond cuivré, il me répond, imitant un fort accent : “Je suis roumaine, je vole le cuivre et je le mets dans mes cheveux.” Navrant. »

Un effort a tout de même été entrepris ces dernières années dans les commissariats et gendarmeries. « Plus on formera de policiers et de gendarmes, meilleure sera la prise en charge. Nous l’avons fait et l’expérience est très positive », explique ainsi Émeline Gourdon. Référente “violences conjugales” au sein de l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales AVEC 63 (Association Victime Écoute Conseil) à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, elle peut en témoigner. Deux fois par an, AVEC 63 organise des formations à destination des policiers et des gendarmes pour favoriser la meilleure prise en charge possible de la parole des femmes battues. « Libérer la parole, nommer les violences, notamment sexuelles, cela peut être très difficile pour une victime, explique Émeline Gourdon. Cela ne se fait pas toujours au premier rendez-vous. Et dans les commissariats et les gendarmeries, on peut être désarçonnés face à cela. Les enquêteurs ne comprennent pas toujours qu’une femme battue qui fait le 17 dans une situation d’urgence retourne chez son mari. On leur explique le processus de la rupture évolutive qui peut durer des années, cette succession de départs et de retours, de séparation et de retrouvailles entre la victime et son agresseur. » Dans ces formations, policiers et gendarmes – tous des volontaires – sont notamment sensibilisés à la problématique de l’accueil de la parole de la victime, le point de départ essentiel pour déclencher une procédure pénale.  

« La machine judiciaire a failli »

Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’AVFT (association européenne contre les violences faites aux femmes au travail), nuance : « C’est vrai que ça s’est amélioré mais quand même, beaucoup trop souvent, des femmes qu’on accompagne reviennent décontenancées d’un commissariat. » « Avec un collègue, nous faisons beaucoup de formations dans la police parisienne. Ils justifient leurs méthodes d’interrogatoire par la nécessité de créer un peu d’inconfort, pour qu’elles crachent le morceau si jamais elles mentent. On répond, nous, au contraire que la confiance est très importante, mais bon, ce sont des techniques qu’ils apprennent à l’école de police… », soupire Marilyn Baldeck.

Cette dernière cite à l’appui un exemple récent, le procès-verbal complet du dépôt de plainte d’une victime de viol sur son lieu de travail. C’est la seconde fois que la victime se trouve devant la police, la première fois s’étant déjà mal passée. « Et là, la policière qui la reçoit pose tout une série de questions franchement déplacées. Par exemple : “Vous n’avez pas crié, vous n’avez pas tenté de le frapper, de le mordre ?” ; “Comment il peut à la fois vous ceinturer, vous introduire un doigt dans le vagin et vous bâillonner en même temps ?” ; “Pourquoi ne pas lui mordre la main qu’il avait sur votre bouche, lui donner un coup de tête, des coups de pied ?” ; “Vous me confirmez que vous ne vouliez pas qu’il fasse cela, ou vous étiez gênée que cela se passe ainsi ?” Le pire, c’est que j’ai rencontré cette policière par la suite, en tant que témoin dans cette affaire, et qu’elle était vraiment persuadée que la femme disait la vérité, mais que cette vérité ne pouvait apparaître que lors d’un interrogatoire violent. »

Si Marilyn Baldeck note une « pente ascendante de progression pour la police », elle est beaucoup plus sceptique concernant la justice. « On retrouve parfois les mêmes techniques d’interrogatoire déployées par les magistrats et les magistrates », explique-t-elle. Elle cite en exemple cette magistrate du TGI de Paris qui, face à une jeune femme de 20 ans agressée par son patron, lance : « Moi, à votre place, j’aurais pris ça pour un compliment. » « Les policiers ont souvent l’impression d’avoir bien fait leur travail, d’avoir tous les éléments, et le dossier se termine tout de même par un non-lieu », se désespère la déléguée générale de l’AVFT. 

Un constat partagé par Jean-François Canis. Avocat pénaliste au barreau de Clermont-Ferrand, il s’est battu pendant près de dix ans pour que le viol d’une étudiante en psychologie par un inconnu qu’elle avait rencontré un soir et invité à prendre un verre chez elle passe aux assises. Le procès a eu lieu il y a une quinzaine de jours. L’agresseur a écopé de cinq ans de prison ferme. Mais quel chemin de croix ! « Ce n’est pas au commissariat que la machine judiciaire a failli, même si on a averti ma cliente que cela n’irait pas loin, mais au cours de l’instruction, du procès, raconte l’avocat. Un premier non-lieu a été prononcé alors que ma cliente n’avait même pas eu d’expertise psychologique. J’ai fait appel et obtenu un complément d’instruction. Puis il y a eu un nouveau réquisitoire de non-lieu mais la chambre de l’instruction a ordonné le renvoi devant la cour d’assises. Tout cela a pris des années puis il y a eu le procès, très difficile. Le procureur général a requis l’acquittement. La défense a présenté ma cliente comme une fille de mauvaise vie car elle avait des préservatifs chez elle. Il y a un jugement moral et machiste sur le comportement d’une femme. Elle n’a pas le droit de boire des coups avec un mec qu’elle ne connaît pas jusque 4 heures du matin sauf à se mettre en difficulté ! »

Jean-François Canis n’a jamais douté de la sincérité de sa cliente : « Elle a été cassée par ce viol, elle a interrompu ses études, alors qu’elle était indépendante, elle est retournée vivre chez papa-maman comme une petite fille, n’osant plus sortir seule. » Son agresseur a fait appel du jugement et déposé une demande de mise en liberté. « J’espère qu’il n’obtiendra pas gain de cause », lâche l’avocat qui ne compte pas les non-lieux définitifs dans les affaires de viols : « C’est très compliqué, beaucoup de femmes laissent tomber, il faut beaucoup d’abnégation. » Cette semaine, il a reçu une vieille copine complètement effondrée après avoir revécu le viol dont elle a été victime voilà des années sous l’effet du hashtag #balancetonporc…

« Ces dossiers prennent beaucoup de temps, demandent beaucoup d’énergie », abonde Marilyn Baldeck, « cela demande de la finesse dans l’appréhension des dossiers et les policiers n’ont pas le temps. Ce qui fait que tout est traité à l’arrache. » Une petite lueur d’espoir, tout de même : « L’enquête sur l’affaire Baupin, confiée à la BRDP (brigade de répression de la délinquance contre les personnes), a été exemplaire : toutes les personnes ont été entendues, le dossier était épais de 12 centimètres. » Une exception due sans doute aux moyens de cette brigade spécialisée, et à la pression médiatique. Reste à savoir si un hashtag pourra en faire autant.

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Tous les prénoms ont été modifiés, de même que les lieux, laissés volontairement dans le flou. C'est la condition que nous ont posée toutes les femmes que nous avons interrogées, eu égard à la difficulté de leur témoignage.