Front national: voyage dans l'ordinaire raciste

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Pendant huit mois, la journaliste Claire Checcaglini a infiltré le Front national et gravi les échelons du parti d'extrême droite. Mediapart publie les bonnes feuilles de son livre, Bienvenue au Front – Journal d'une infiltrée. Où islamophobie et racisme quotidien organisent les engagements militants.

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Les 10 et 11 septembre 2011, la journaliste Claire Checcaglini était aux universités d'été du Front national, à Nice. Comme de nombreux journalistes. A la différence qu'elle était de l'autre côté. De celui des militants frontistes. Celui de la soirée de gala à huis clos. Celui d'où rien ne doit sortir. C'est en fait durant huit mois, de mai 2011 à janvier 2012, que cette journaliste a infiltré le Front national et gravi les échelons du parti. «Puisque le Front avance masqué, j’avancerai masquée moi aussi», dit-elle. Elle s'appelait Gabrielle Picard, nouvelle adhérente venue «pour Marine». Une immersion pour rendre compte de ce que le parti de Marine Le Pen ne laisse pas voir. Ce que les médias ne parviennent pas forcément à raconter.