Les élèves en travail social ne font pas «vœu de pauvreté»

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Les gratifications de stages ont-elles réellement des effets pervers? Pour lutter contre la pénurie de terrains de stages, les parlementaires étudient actuellement la possibilité de “suspendre” – temporairement – ces rémunérations. Souvent précaires, les stagiaires dénoncent la remise en cause de ce “petit acquis social”.

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Suspension ou suppression. A quelques lettres près, cela ne changera finalement pas grand-chose pour les étudiants en travail social. Dès la rentrée, si les parlementaires adoptent le projet de loi, ces stagiaires seront privés de leurs 417 euros, leur rémunération mensuelle. Ce scénario – probable – reste en partie soumis à un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales, qui devrait être publié courant mai. «C'est temporaire, on suspend, on ne supprime pas définitivement les gratifications», tranche pourtant Sylvie Desmarescaux, rapporteur de la loi.
A l'initiative de deux sénateurs de la majorité, le Sénat a voté le 29 avril une proposition de loi tendant «à faciliter l'accès aux stages des étudiants et élèves travailleurs sociaux». Car selon eux, la gratification obligatoire a eu un «effet pervers»: aujourd'hui, «faute de stage, certains des 29.700 étudiants travailleurs sociaux actuellement en formation pourraient ne pas être diplômés à l'issue de leur cursus», menace Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille.
Passage obligé avant l'insertion professionnelle, période nécessaire pour valider un cursus universitaire, la pratique du stage étudiant s'est généralisée depuis six ans. A tel point que le collectif Génération précaire s'est constitué en 2005, réussissant à obtenir que les stages soient désormais rémunérés. Seul le secteur social serait ici concerné. «Dans un premier temps peut-être mais qui va les empêcher de l'étendre, plus tard, à tous les autre types de stages?», s'inquiète Ophélie Latil, membre actif du collectif. Ce qui suscite l'agacement de Sylvie Desmarescaux: «Les entreprises ou les banques arrivent très bien à rémunérer leurs stagiaires, alors la question ne se pose pas!»