Réforme des retraites: le chantage financier auquel l'Elysée a cédé

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La réforme des retraites va peser sur le travail tandis que le capital est épargné. Ce plan déséquilibré est le résultat des arbitrages de Nicolas Sarkozy, mais aussi d'un chantage des patrons de BNP Paribas et d'Axa qui ont menacé de ne plus acheter de dette de l'Etat si un relèvement de la fiscalité sur l'assurance-vie intervenait.

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Quand le ministre du travail, Eric Woerth, a présenté, mercredi 16 juin, la réforme des retraites dessinée par le gouvernement et arbitrée par Nicolas Sarkozy, cela est aussitôt apparu au grand jour: les mesures d'austérité annoncées pour redresser les comptes des régimes de retraite pèseront lourdement sur les salariés, mais peu sur le capital et les plus hauts revenus. Parce que le chef de l'Etat en a décidé ainsi. Mais aussi parce qu'il s'est mené dans les coulisses du pouvoir une lutte âpre: selon des informations confidentielles dont dispose Mediapart, le gouvernement avait l'intention, initialement, de taxer davantage certains produits d'épargne.