Christophe Castaner, une nouveauté à l’ancienne

Par

Officiellement La République en marche a élu son premier dirigeant ce samedi. En vérité, c’est le président de la République qui l’a choisi. Officiellement le parti majoritaire est chargé de faire remonter des idées. En vérité, il fera ce que Macron lui dit.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Il y avait comme un décalage, ce samedi, au conseil national de La République en marche. Une distorsion entre l’image et le son. Un déphasage entre les discours et la réalité. 1) On affirmait que LREM n’est pas un parti alors que l’objectif était précisément d’en structurer un, en vue des futures élections, européennes et municipales. 2) On prétendait qu’un dirigeant, Christophe Castaner avait été élu, alors qu’il était désigné. 3) On soutenait qu’un mouvement venu d’en bas s’était exprimé, mais tout le monde savait bien qu’un homme seul, le président de la République, avait dicté la partition d’en haut. 4) On répétait qu’il se passait quelque chose de nouveau, pourtant ce spectacle était la copie conforme des parodies d’élections internes organisées depuis cinquante ans par quasiment tous les partis. 5) Enfin, la presse ironisait sur « la verticalité » d’Emmanuel Macron, mais elle se serait moquée de « la faiblesse » ou du « désordre » si son parti n’avait pas marché au pas.