Martinique éveilleuse du monde

Par

Nicolas Sarkozy a dû repousser à jeudi son interview télévisée, pour cause d'obsèques nationales d'Aimé Césaire. Mais, sur place, il fut contraint au silence, interdit de discours pendant que le peuple martiniquais enterrait l'auteur du Discours sur le colonialisme.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Pour les grands hommes, les enterrements avancent au risque de l'embaumement. Mais, s'agissant d'Aimé Césaire, un silence imposé nous a heureusement évité cette hypocrisie. Aux obsèques nationales qu'il avait décrétées, le président de la République française fut contraint de se taire. Accepté certes par la Martinique, mais privé de discours par son peuple. Présent, mais au même titre que d'autres, un parmi bien d'autres, et surtout muet. Enoncé à la demande de la famille, cet interdit est un acte politique qui n'a pas suffisamment été commenté. Car jamais silence ne fut plus bavard : tout ce qu'incarne, par-delà sa personne, Nicolas Sarkozy est aux antipodes de ce que nous lègue la vie d'Aimé Césaire.