Conditions de tir des policiers: «Cette loi ne protège ni les policiers, ni les citoyens»

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Le Sénat a définitivement adopté une loi facilitant les conditions de tir pour les policiers. Pour Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, ce texte peut entraîner «une augmentation de morts lors d’opérations».

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Le 16 février 2017, le Sénat a définitivement adopté, en procédure accélérée, le projet de loi sur la sécurité publique. Conçue dans l’urgence par le gouvernement socialiste pour éteindre la colère policière après l’agression de quatre policiers à Viry-Châtillon et adoptée en pleine affaire Théo, cette loi élargit les conditions de tir des policiers, en les alignant sur celles des gendarmes. « En cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », ils pourront désormais tirer sur quiconque menace de s’en prendre à leur intégrité physique ou à celle d’autrui, pour défendre des lieux occupés ou personnes qui leur sont confiées, pour arrêter des fugitifs ou véhicules « susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui », et pour mettre fin à une épopée meurtrière.