Tapie, actionnaire à 100% de La Provence

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L'arrivée de Bernard Tapie au capital du groupe Hersant en décembre avait fait scandale. L'homme d'affaires avait juré qu'il ne souhaitait pas vendre le groupe à la découpe. Pourtant, il se retrouve aujourd'hui seul maître à bord de La Provence.

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Déjà le divorce. Dans une série de réunions officielles ces mardi et mercredi, Bernard Tapie et Philippe Hersant acteront qu’ils ne présideront plus ensemble aux destinées des journaux du groupe Hersant Média, qui comprend La Provence, Nice-Matin et les journaux de France Antilles.

À Tapie le quotidien marseillais La Provence, à la famille Hersant Nice-Matin et les quotidiens des Antilles. Les futurs ex-associés ne conserveront en commun, à parité, que Corse-Matin. L’information a été délivrée la semaine dernière dans un très bref communiqué du groupe Hersant. Deux lignes, qui ne suffisent bien sûr pas à comprendre la logique de toute l’opération.

Rappelons qu’en décembre, l’annonce de l’arrivée de Tapie dans le groupe, en dépôt de bilan, avait fait scandale. Il faut dire que les termes de l’accord étaient pour le moins étonnants. L’homme d’affaires s’était engagé à apporter 25,5 millions d’euros, la famille Hersant en avait promis autant, et le consortium de 17 banques créancières du groupe de presse avaient accepté de passer un coup d’éponge sur… 180 millions d’euros de dettes (lire notre article sur ce nouveau scandale Tapie) ! Philippe Hersant était assuré de rester à la barre du groupe fondé par son père et tous les acteurs du dossier juraient qu’il n’était pas question de le vendre à la découpe. Sept mois plus tard, c’est pourtant bien ce qui semble advenir.

Un comité d’entreprise et un conseil d’administration se tiennent ce mardi à La Provence. Les salariés de Nice-Matin et Var-Matin seront quant à eux informés mercredi, lors d’un comité d’entreprise. Une fois ces formalités achevées, Tapie devrait enfin se trouver à la tête de La Provence, seul. Et pourrait commencer à engager les 50 millions d’euros d’investissement qu’il avait promis à son arrivée, et qu’il n’a jamais commencé à débourser.

Une enquête préliminaire a été ouverte en février sur une présomption d’abus de biens sociaux au sein du groupe Hersant. En cause notamment : des flux financiers suspects entre le groupe de presse et le prestigieux golf Robert-Hersant de Nantilly, dans l'Eure-et-Loir. Mais l'affaire a aussi un tour politique, car les policiers qui enquêtent le font grâce à un signalement du comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) auprès de son ministre de tutelle Arnaud Montebourg, qui a lui-même saisi la justice en décembre 2012. Le Ciri qui avait bien validé le deal Tapie-Hersant.

En décembre, le député PS des Bouches-du-Rhône avait obtenu le lancement d’une commission d’enquête sur la reprise du groupe par Tapie, mais l’ouverture de l’enquête judiciaire a mis cette initiative en sommeil.

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