Toulouse patine sur l’hébergement d’urgence

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Depuis des mois, le 115 de la Veille sociale toulousaine est sur-saturé. Seul 1 appel sur 20 débouche sur un hébergement qui peut se résumer à une nuit d’hôtel. Tandis que la préfecture attend bien souvent d’être contrainte au rapport de force par les associations, le département vient d’être condamné par la justice. Du côté de la ville, on admet une carence historique.

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Toulouse, correspondance.-  Malik, 35 ans, soudanais, est arrivé en France il y a 17 mois, après la trajectoire usuelle, qu'il raconte un triste sourire aux lèvres : Libye, Méditerranée, Italie, Vintimille. Il a ensuite gagné Paris, puis Calais, puis Lens. Sa fille y est née. Mais la cité du nord s'est vite avérée « trop petite et sans travail » pour ce conducteur d'engin, qui a exercé dans l'industrie pétrolière comme l'atteste le CV qu'il a dans la poche. Alors, il y a deux mois, déjà détenteur du statut de réfugié, il a débarqué ici, à Toulouse, chez un cousin qui les a hébergés, lui, sa femme étudiante et leur fille. « Mais il a une petite maison et ne peut pas nous garder longtemps. » À la rue, Malik et sa famille ont rejoint la petite cinquantaine de sans-logis qui, le 26 septembre, ont planté leurs tentes devant la Veille sociale, au cœur de la ville. Trois jours plus tard, lorsque les services de la mairie et du département se sont rendus sur place pour « travailler sur des propositions de prise en charge », ils n'étaient pas loin de 130, dont un bon tiers d'enfants. Le mot était passé et l'effectif avait gonflé. Au total, 103 personnes ont été relogées ou hébergées provisoirement.