Au CHU de Rouen, « les gens croient qu’ils sont en sécurité, ils ne le sont plus »

Énième illustration de la crise de l’hôpital, les urgences du CHU de Rouen sont au bord de l’explosion, comme en témoignent les échanges entre soignants que « Le Poulpe » a repêchés. Parmi ces messages de médecins en détresse, quelques lignes sur un patient dont le décès interroge.

Simon Hauville (Le Poulpe)

23 décembre 2022 à 10h42

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Rouen (Seine-Maritime).– « Ce dernier dimanche de garde […] a probablement fini d’achever ma croyance dans une vraie et possible amélioration de la prise en charge de nos patients aux urgences. […] Nous acceptons la médiocrité d’un double couloir en quasi-permanence, des patients à hospitaliser qui restent des heures et des jours. […] Nous faisons des sorties plus que limite pour libérer des lits. Tous les jours, nous y jouons notre diplôme et mes mots sont très lourds. Ce sont des choix [que] de faire rentrer [chez lui] un patient de 90 ans qui reste “limite” sur le plan médical en se disant que si nous le gardons, ce sera 24 heures sur un brancard et que son état se dégradera à coup sûr. […] Je termine ma garde en ayant pris un anxiolytique, tant les problèmes ne m’appartiennent pas et m’empêchent de faire mon travail. J’ai fait un serment et je m’y tiens tous les jours au mieux, dans des conditions lamentables. »

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