La mort de Julien, cheminot, repose la question des suicides à la SNCF

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Lundi 21 mai, un cheminot de 26 ans, syndiqué chez Sud Rail, s’est jeté sous un train, alors qu’il se rendait à son travail. Plusieurs centaines de ses collègues lui ont rendu hommage, jeudi, à Pantin. Les syndicats demandent qu’une enquête interne soit ouverte, pour déterminer les responsabilités éventuelles de l’entreprise.

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Sur le panneau d’accueil lumineux du technicentre Paris-Est à Pantin, où défilent les annonces de service, certains messages passent plus mal que d’autres : « 53e jour sans accident de travail entraînant un arrêt », se félicite la direction, qui incite quand même ses agents à « rester vigilants ». « Ils auraient au moins pu l’éteindre, par décence… », se désole Mathieu Borie, cheminot et représentant Sud Rail. Lundi 21 mai, son collègue Julien Pieraut, 26 ans, s’est donné la mort en se jetant sous un train, sur la ligne Saint-Quentin-Paris, quelques heures avant sa prise de poste. Il travaillait depuis plus de six ans comme électromécanicien dans l’un de ces ateliers qui s’étalent à perte de vue le long du canal de l’Ourcq. Syndiqué, c'était un « militant actif, gréviste, mais sans mandat particulier », notent ses copains de Sud Rail.