Régulariser n'est pas naturaliser et «la confusion est significative»

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Jeudi soir, au sujet des grèves des travailleurs sans papiers, Nicolas Sarkozy a confondu la «régularisation», c'est-à-dire l'obtention d'un titre de séjour, avec la «naturalisation», soit le fait de devenir français. Pour la juriste Danièle Lochak, ce glissement sémantique est celui que l'on retrouve en droit : «On exige désormais des étrangers qui cherchent à obtenir un titre de séjour en France des critères autrefois réservés aux étrangers qui souhaitaient devenir français.» Entretien.

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Dans son intervention télévisée jeudi soir, au sujet des grèves des travailleurs sans papiers de la restauration, Nicolas Sarkozy a fait une confusion entre deux notions juridiques pourtant très différentes : la «régularisation», c'est-à-dire l'obtention d'un titre de séjour, et la «naturalisation», soit le fait de devenir français. Qu'il s'agisse d'un lapsus involontaire ou d'une mauvaise interprétation entretenue à dessein (comme l'a signifié Ségolène Royal sur France Inter ce matin), cette confusion est à l'image du durcissement du droit français au fil des lois sur l'immigration votées depuis 2002 (en 2003, 2006 et 2007) : on exige désormais des étrangers qui cherchent à obtenir un titre de séjour en France des critères autrefois réservés aux étrangers qui souhaitaient devenir français.