Acte XI: les gilets jaunes persévèrent

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Malgré une mobilisation en baisse, notamment à Paris, l’acte XI du mouvement a encore mobilisé localement plusieurs milliers de gilets jaunes dans de nombreuses villes, comme à Bordeaux, Marseille, Lyon, Nantes… Les manifestations ont souvent été marquées par des affrontements avec les forces de l'ordre en fin de journée.

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Plusieurs milliers de gilets jaunes se sont encore mobilisés, samedi 26 janvier, dans plusieurs villes de France pour l’acte XI du mouvement, une nouvelle fois marqué par des affrontements avec les forces de l’ordre, notamment dans le quartier de Bastille à Paris en fin d’après-midi.

Pas moins de cinq rassemblements étaient prévus dans la capitale. Dès 10 heures du matin, quelques dizaines de manifestants avaient commencé à se rassembler place de l’Étoile, avant de descendre les Champs-Élysées en direction de Bastille. Un des autres principaux appels avait donné rendez-vous aux gilets jaunes sur le cours de Vincennes, dans le XIIe arrondissement, pour ensuite converger également vers la place de la Bastille, avant de rejoindre celle de la République où devait se tenir, de 17 heures à 22 heures, une « Nuit jaune ».

Les différents cortèges parisiens ont réuni plusieurs milliers de personnes, dans un premier temps dans le calme, notamment grâce à la mise en place d’un service d’ordre interne s’interposant entre manifestants et forces de l’ordre. En milieu d’après-midi, à l’approche de la Bastille, quelques incidents ont commencé à éclater, certains manifestants s’en prenant à un véhicule des forces de l’ordre rue de Rivoli.

À noter également, la présence d’un groupe d’extrême droite qui s’en est pris à plusieurs reprises au cortège du NPA au niveau du boulevard Diderot. Dans un communiqué diffusé en début de soirée, le NPA a attribué cette attaque à un « groupuscule fasciste » baptisé « les Zouaves (qui a revendiqué les agressions) ». « Nous ne nous laisserons pas intimider ! », affirme le parti qui « sera présent lors des prochaines mobilisations à l’occasion de l’Acte XII des Gilets jaunes samedi prochain ».

À Bastille, de violents affrontements ont éclaté, sur la place et dans les rues alentour, des manifestants réussissant à installer une barricade, rapidement démolie par un véhicule des forces de l’ordre. Sur la place, les policiers ont essuyé des jets de pierre et d’un engin incendiaire, auxquels ils ont répondu par l’usage de canons à eau, de grenades lacrymogènes et de LBD. Plusieurs blessés étaient déjà recensés en fin de journée, dont le gilet jaune Jérôme Rodrigues, touché à l’œil.

En dehors de Paris, des rassemblements organisés un peu partout en France ont, dans de nombreuses villes, mobilisé plusieurs milliers de manifestants. Selon un décompte de France Bleu, ils étaient ainsi cet après-midi 6 000 à défiler à Bordeaux, dans le calme.

À Lyon, 2 000 gilets jaunes selon le quotidien Le Progrès, 3 000 selon les organisateurs, ont manifesté dans l’après-midi. Des incidents ont éclaté en fin de rassemblement au niveau de l’Hôtel-Dieu.

Le même scénario s’est répété dans plusieurs villes, comme Toulouse, où les premiers tirs de lacrymogènes sont intervenus en fin d’après-midi sur la place Arnaud-Bernard, où se trouvaient près de 10 000 manifestants, selon une estimation de Sud Ouest. Les affrontements ont fait un blessé en urgence relative et 28 personnes ont été interpellées.

De même à Dijon, où 2 000 personnes ont défilé selon une estimation de France 3, la manifestation s’est déroulée dans le calme jusqu'à la fin d’après-midi lorsque les forces de l’ordre ont tiré les premières grenades de gaz lacrymogène, des gilets jaunes répondant par des tirs de feux d’artifice. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’en début de soirée. La préfecture a annoncé l’interpellation de six manifestants.

La situation était également particulièrement tendue à Évreux, où un millier de manifestants se sont rassemblés dans cette « place forte de l’acte XI des Gilets jaunes en Normandie », raconte Ouest France. Des affrontements ont éclaté dès la fin de matinée aux abords du tribunal. Dans l’après-midi, les violences se sont poursuivies autour de la préfecture, où plusieurs véhicules ont été incendiés.

Les syndicats se sont joints aux gilets jaunes dans plusieurs cortèges, comme à Marseille ou à Nantes, où quelques incidents ont émaillé la manifestation qui s’est dispersée en fin d’après-midi. Les forces de l’ordre ont procédé à neuf interpellations, a annoncé la préfecture, après « de nombreux jets de projectiles et même un cocktail Molotov ».

Dans plusieurs villes, comme Châteauroux ou Angers, les gilets jaunes se sont également joints aux marches pour le climat qui étaient organisées un peu partout en France.

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