Effondrement à Marseille: des familles attendent encore le remboursement des frais d’obsèques

Par

Plus de deux mois après l’effondrement le 5 novembre 2018 de deux immeubles à Marseille, faisant huit morts, plusieurs familles des victimes, en situation de précarité, attendent encore le remboursement des frais d’obsèques et de rapatriement promis par le maire de Marseille.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Plus de deux mois après l’effondrement le 5 novembre 2018 de deux immeubles rue d’Aubagne, faisant huit morts, plusieurs familles des victimes, en situation de précarité, attendent encore le remboursement des frais d’obsèques et de rapatriement promis par Jean-Claude Gaudin, le maire LR de Marseille.

C’est le cas de la famille de Niassé, un Sénégalais de 28 ans, qui travaillait comme plaquiste à Marseille. Entre les frais d’obsèques, les billets de train et d’avion vers le Sénégal, ainsi que les frais sur place, ses proches ont déboursé près de 4 800 euros, selon les justificatifs que nous avons pu consulter.

« La maire des 1er et 7e [Sabine Bernasconi – ndlr] nous avait assuré qu’ils allaient tout rembourser, et mon oncle, qui travaille à Paris, a alors décidé de payer les pompes funèbres », explique Djidiack, 26 ans, l’un des frères de Niassé. Le jeune homme, étudiant à Besançon, dit ne plus avoir de nouvelles et ne plus réussir à joindre la maire de secteur. « Cela me dérange par rapport à mon oncle qui n’a pas été à son travail pour aller au Sénégal et se trouve aujourd’hui à découvert, dans une situation précaire », dit-il.

Pour Chérif, un Algérien de 36 ans sans papiers, c’est le consulat d’Algérie qui a pris en charge le rapatriement du corps à Annaba, où vit sa mère. Mais sa cousine, Saïda, 50 ans, qui vit à Marseille attend toujours le remboursement des billets d’avion pour un montant pourtant modique de « 760 euros ». Après un premier voyage pour l’enterrement, Saïda, son mari et sa fille sont retournés en Algérie fin décembre « pour faire la tombe du défunt 40 jours après » selon un rite musulman.

 « On s’est débrouillés seuls, on n’a rien demandé pour ce deuxième voyage. On n’arrive pas à joindre la personne qui s’en occupe à la mairie, ça va bientôt faire trois mois », dit-elle. Entretemps, la famille a tout de même reçu, début janvier, une lettre de condoléances de Jean-Claude Gaudin.

Une délibération adoptée lors du conseil municipal du 20 décembre, prévoit une enveloppe de 100 000 euros pour cette prise en charge des obsèques, de l’éventuel rapatriement des corps et le transport des membres des familles. Contactée, la Ville de Marseille nous assure que « les ultimes remboursements doivent avoir lieu dans les tous prochains jours », sans préciser combien de familles sont encore dans l'attente.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale