Corbeil-Essonnes : la liste des électeurs achetés par Serge Dassault

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Libération publie ce mercredi des extraits d'un nouveau document accablant pour le sénateur UMP, soupçonné d'achat de votes lors des élections municipales de Corbeil-Essonnes.

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L’enquête judiciaire accumule les preuves contre l'industriel et sénateur UMP Serge Dassault, soupçonné d’achat de voix à Corbeil-Essonnes, pour son propre compte en 2009, puis pour celui de Jean-Pierre Bechter, son homme de paille.

Libération publie mercredi 26 février des extraits d’un document accablant retrouvé par les enquêteurs dans la propriété du sénateur et avionneur à Corbeil, le 25 juin. Quatre versions d’un même listing d’électeurs, comportant environ 130 noms, régulièrement remis à jour, faisant le compte de l’argent, déjà « payé » ou encore « non payé », ou des services rendus aux personnes de bonne volonté.

« La liste des faveurs accordées donne le tournis, écrit le quotidien. Il y a bien sûr les dons d’argent (plus de 70 noms concernés), en centaines ou en milliers d’euros. Certains sont explicitement liés aux élections. Bernard a ainsi 418,6 euros "non payé[s]" pour "facture campagne SD" les initiales de Serge Dassault, et Béchir a 1 500 euros pour "soutien campagne". On trouve également la rémunération de "[Mamadou] Kébé" et de son "groupe" pour quelque 30 000 euros. »

Pour 45 des 130 noms, pas d’argent versé, mais des aides concrètes : contrats d’accompagnement vers l’emploi à la mairie de Corbeil, embauches ou promotions au sein de la municipalité, aide pour un logement.

Le propriétaire du Figaro a déjà été auditionné, par les policiers, plus de 20 heures sous le régime de la garde à vue, dans les locaux de l'Office central contre la corruption et les infractions financières et fiscales à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre. M. Dassault qui s'est plaint, au Sénat, de ses conditions de garde à vue, devrait être convoqué par les magistrats financiers Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, en vue d'une très probable mise en examen.

Lire notre dossier sur le scandale Dassault

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