Front national: l'œil des chercheurs Analyse

FN, droite et gauche: comment s’effectuent les reports de voix

Il est d’usage pour commenter le niveau de vote élevé en faveur du Front national de parler de « tripartition » du système politique. Or une analyse fine des reports de voix remet en cause cette notion. Parce que la porosité entre les électorats de l’extrême droite et de la droite ne cesse de grandir.

Joël Gombin

26 novembre 2016 à 12h35

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Choisir l’adversaire qui soit « le moins pire » possible. C'est le phénomène qui émerge des primaires à la française et c'est un nouvel usage de ce système de sélection des candidats. Jusque-là, ce phénomène était inexistant ou presque dans les deux pays qui ont inspiré la mise en place des primaires, les États-Unis et l’Italie. En particulier aux États-Unis, où les électeurs indiquent généralement à quel parti ils se rattachent lors de leur inscription sur la liste électorale. Ils ne peuvent alors participer qu’à la primaire du parti correspondant. De plus, les primaires des deux grands partis américains sont simultanées, empêchant ainsi l’effet de séquence médiatique et politique que nous connaissons actuellement autour de la primaire de droite et du centre.

Un certain nombre d’électeurs s’identifiant à la gauche (autour de 500 000, si l’on en croit les « sondages sortie des urnes ») ont participé au premier tour de la primaire de la droite ; la moitié aurait voté en faveur d’Alain Juppé, selon ces mêmes sources. Ce vote dans l'autre camp semble s’expliquer principalement par la volonté d’éliminer Nicolas Sarkozy. Il traduit une dimension importante du comportement électoral à gauche ces dernières années : se mobiliser contre, plutôt que pour. Beaucoup anticipent qu’il en sera encore de même durant le cycle électoral de 2017. Quitte à devoir voter contre Marine Le Pen, autant choisir pour qui on votera à reculons au second tour…

Il y a là d’ailleurs, pour partie, une prophétie qui pourrait se révéler autoréalisatrice. Si le pari de ces électeurs de gauche devait être gagnant, et qu’Alain Juppé devait être désigné candidat des Républicains (ce qui semble bien mal engagé), cela limiterait sans doute l’espace politique disponible au centre gauche pour François Hollande, ou un autre candidat du PS, réduisant ainsi ses chances de se qualifier pour le second tour. Dès lors, les électeurs de gauche seraient bien contraints de choisir entre la candidate du Front national et celui des Républicains…

Dans les coulisses du meeting de Toulouse : un coup de mou… © E.R.

De manière plus profonde, c’est la topographie de notre système partisan qui est remise en question. Bien que créée dès 1997 par Gérard Grunberg et Étienne Schweisguth à propos de l’élection présidentielle de 1995, la notion de tripartition a connu un large succès à partir des élections européennes de 2014, lorsque la liste du Front national est arrivée en tête du scrutin. Mais ce terme a au passage perdu une partie de sa signification. Dans la littérature académique, cette notion – discutée – renvoie à la structure de l’électorat. Dans cette perspective, sur les plans idéologique comme sociodémographique, l’électorat du FN se distingue des autres, de la droite parlementaire et de la gauche. Dans l’usage récent et médiatique du terme, il s’agit surtout de caractériser le niveau du vote pour le FN – de signifier, en somme, que ce parti est rentré dans le club restreint des acteurs politiques majeurs.

Le débat sur les structures idéologiques et sociodémographiques du vote FN, et la manière dont elles se distinguent ou non des autres forces politiques, est passionnant, et on y reviendra dans les semaines à venir. Mais il est une autre manière d'aborder le vote FN. Le choix des électeurs dépend certes, de manière structurelle, de leurs caractéristiques sociodémographiques et de leurs attitudes idéologiques. Mais sur le plan conjoncturel, les choses sont plus fluides. Un même électeur pourra voter de manière différente en fonction de l’offre politique, du rapport de force anticipé ou constaté avant ou au soir du premier tour, de la personnalité des candidats, et de bien d’autres facteurs encore. Cette fluidité obéit à certaines régularités : celles-ci nous éclairent, d’une autre manière, sur la configuration actuelle du système partisan français.

Dis-moi quels sont tes reports de voix, je te dirai comment le champ politique est partitionné…

De ce point de vue, la succession de scrutins intermédiaires en 2014 et (surtout) en 2015 nous livre de riches éléments. Les élections départementales ont mis en évidence toutes sortes de configurations distinctes. Les régionales ont ensuite permis de tester, à grande échelle, l’hypothèse d’un duel de second tour entre la droite et le FN. On commence donc à avoir une certaine idée de ce que sont les reports de voix entre gauche, droite et FN (lire dans la Boîte noire de cet article les difficultés méthodologiques non négligeables dont il faut tenir compte).

D’abord, du point de vue des reports électoraux, on assiste davantage à une forme de bipartition de l’espace électoral que de tripartition. Ce dernier terme sous-entend une forme d’équidistance entre les trois forces politiques principales. Or, il n’en est rien. En réalité, nous sommes, d’une certaine manière, face à un système bipolaire, mais asymétrique.

Le FN et son pouvoir d’attraction à droite

Ainsi, en cas de duel opposant la droite à l’extrême droite, les électeurs de gauche (PS ou non) se reportent largement sur la droite. Une grosse moitié d’entre eux fait en effet le choix du front républicain ; l’autre moitié se réfugie dans l’abstention ou le vote blanc ou nul. La proportion d’électeurs ayant voté à gauche au premier tour et se portant sur le FN au second tour est, quant à elle, quasi nulle. Le graphique 1 illustre cette corrélation entre niveau de la gauche au premier tour et progression du vote pour la droite pour contrer le FN au second tour.

Graphique 1. Progression du total des voix de obtenues par la droite entre les deux tours, dans les cas de duels droite – extrême droite au second tour, en fonction du total des voix de gauche au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque le total des voix de gauche atteint 20 % des inscrits au premier tour, le vote pour la droite augmente en moyenne d’environ 12,5 points entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.

Mais cette mobilisation n’est pas inconditionnelle. Elle se produit si les électeurs anticipent que le FN a de réelles chances de l’emporter, comme l’illustre le graphique 2. Ainsi, plus l’extrême droite est proche, voire devant la droite au premier tour, plus les voix obtenues par les candidats de droite progressent. Bien sûr, toutes ne viennent pas forcément d’électeurs ayant voté à gauche au premier tour, elles peuvent également venir d’abstentionnistes du premier tour (dont certains plutôt orientés à gauche).

Graphique 2. Progression du total des voix obtenues par la droite entre les deux tours, dans les cas de duels droite – extrême droite au second tour, en fonction de l’écart entre l’extrême droite et la droite au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque l’extrême droite devance la droite de 5 points au premier tour, cette dernière progresse d’environ 12,5 points en moyenne entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.

Qu’en est-il lorsque c’est la gauche qui se retrouve en duel avec le FN ? Le comportement des électeurs de droite est plus partagé. Certes, eux aussi se mobilisent pour battre l'extrême droite, mais dans de moindres proportions : vraisemblablement moins de la moitié des électeurs de droite. Là encore, cette mobilisation intervient d’autant plus que les chances de victoire du FN sont réelles (voir les deux graphiques ci-dessous). Ce n’est que dans les (rares) cas où le FN affiche plus de 10 points d’avance sur le total des voix de gauche que le candidat de gauche au second tour voit son score progresser de manière importante.

Graphique 3. Progression du total des voix obtenues par la gauche entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – extrême droite au second tour, en fonction du total des voix de droite au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque le total des voix de droite atteint 20 % des inscrits au premier tour, le vote pour la droite augmente en moyenne d’environ 10 points entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.
Graphique 4. Progression du total des voix obtenues par la gauche entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – extrême droite au second tour, en fonction de l’écart entre l’extrême droite et la gauche au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque l’extrême droite devance la gauche de 5 points au premier tour, cette dernière progresse d’environ 8 points en moyenne entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.

Mais, dans le cas de duels opposant la gauche à l'extrême droite, les voix des électeurs de droite se retrouvant sans champion ne se dirigent pas que vers la gauche. Un nombre significatif se porte également vers le FN. Les diverses estimations convergent autour d’une proportion d’un quart à un tiers des électeurs qui, ayant voté à droite au premier tour, se porteraient sur le FN au second. Le plus remarquable est que cette proportion semble constante, quelle que soit la probabilité que le FN l’emporte : la motivation semble ici avant tout idéologique, de refus de voter à gauche quelles que soient les circonstances (voir les graphiques 5 et 6, ci-dessous). En revanche, cette proportion est d’autant plus forte que le score obtenu par la droite au premier tour est faible.

Cela signifie que l’on a affaire, schématiquement, à deux types de territoires différents. Dans les premiers, la droite possède un socle relativement solide au premier tour, même s’il ne lui a pas permis de se qualifier au second tour (ce qui peut être le résultat de sa division). Ce socle permet de limiter le ralliement de ces électeurs au Front national au second tour. Dans d’autres territoires, à l’inverse, le socle de premier tour de la droite est faible, et au second tour un effet de substitution apparaît : pour certains électeurs, le vote en faveur de l’extrême droite apparaît comme un moyen plus efficace d’exprimer son vote de droite, avec de plus grandes chances de l’emporter.

Dans ces territoires, d’une certaine manière, la réorganisation des droites est déjà à l’œuvre, par la base électorale. C’est par exemple le cas dans certaines parties du Vaucluse. Dans ce département, la droite est passée de plus de 37 % au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 (sans même compter les 15 % de Bayrou) à 18 % pour la liste Estrosi au premier tour de l’élection régionale de 2015 ! Dans des cantons comme ceux de Carpentras, de Monteux ou de Pernes-les-Fontaines, la droite est progressivement marginalisée et éliminée au premier tour, tandis que plus de la moitié des électeurs qui ont voté pour elle au premier tour semblent se reporter sur l’extrême droite au second tour.

L’électorat de droite pourrait ainsi résister à la tentation frontiste lorsqu’elle est bien implantée, avec des perspectives de victoire. Mais dès que le FN apparaît comme une alternative efficace à une droite affaiblie (cas du Vaucluse) ou n’ayant jamais véritablement existé (cas du Pas-de-Calais), il est en situation de devenir attractif pour l’électorat de droite. On comprend ainsi pourquoi certains cadres ou élus locaux des Républicains s’inquiètent des tentations d’une partie de l’appareil du parti de s’aventurer sur le terrain du FN : ce n’est rien de moins que leur disparition qui est en jeu.

Graphique 5. Progression du total des voix obtenues par l’extrême droite entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – extrême droite au second tour, en fonction du total des voix de droite au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque le total des voix de droite atteint 20 % des inscrits au premier tour, le vote pour la droite augmente en moyenne d’environ 6 points entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.
Graphique 6. Progression du total des voix obtenues par l’extrême droite entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – extrême droite au second tour, en fonction de l’écart entre l’extrême droite et la gauche au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque l’extrême droite devance la gauche de 5 points au premier tour, la première progresse d’environ 5 points en moyenne entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.

Enfin, qu’en est-il du comportement de ces électeurs qui votent pour le FN au premier tour mais voient leur candidat éliminé ? Tout d’abord, la question se pose de moins en moins car l’élévation du niveau du vote FN permet à ses représentants de se maintenir de plus en plus souvent au second tour. Il en allait ainsi de 64 % des cantons en mars 2015, et de l’ensemble des régions métropolitaines aux régionales de décembre. Cela participe à autonomiser et solidifier un électorat frontiste.

Quand toutefois les électeurs ayant choisi le FN au premier tour n’ont pas de champion au second tour, soit ils s’abstiennent ou votent blanc ou nul (entre un quart et 40 % des cas, selon les diverses estimations), soit ils se portent majoritairement à droite (entre 45 et 65 %, selon les études). Cela n’exclut pas qu’une part minoritaire mais significative de ces électeurs choisisse le candidat de gauche au second tour (entre 15 et 30 %).

Le report à droite des électeurs FN apparaît d’autant plus important que les chances de l’emporter de la gauche sont réelles (voir les graphiques 7 et 8, ci-dessous). Il s’agit donc avant tout de battre l’adversaire le plus détesté.

Graphique 7. Progression du total des voix obtenues par la droite entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – droite au second tour, en fonction du total des voix d’extrême droite au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque le total des voix d’extrême droite atteint 20 % des inscrits au premier tour, le vote pour la droite augmente en moyenne d’environ 11 points entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.
Progression du total des voix obtenues par la droite entre les deux tours, dans les cas de duels gauche – droite au second tour, en fonction de l’écart entre la droite et la gauche au premier tour. Chaque point représente un bureau de vote, la ligne rouge indique la tendance. Ainsi, lorsque la droite devance la gauche de 5 points au premier tour, la première progresse d’environ 5 points en moyenne entre les deux tours. © Source : ministère de l’intérieur. Calculs et réalisation : Joël Gombin pour Mediapart.

Au total, se dessine un paysage marqué par des structures de dégoût. L’électeur s’oriente en votant, au second tour, avant tout contre son adversaire privilégié. L’électeur de gauche n’a guère de peine à se mobiliser contre le FN, fût-ce au prix d’un vote à droite, et même lorsque son représentant est lui-même marqué très à droite, comme c’était le cas de Christian Estrosi, tête de liste des Républicains en PACA aux régionales. L’électorat de la droite est quant à lui plus hétérogène : pour une partie d’entre lui, minoritaire, la droite et le FN appartiennent à un même bloc ; aussi il se reportera systématiquement à l’extrême droite. Pour une autre part, le FN demeure un adversaire détesté, qui justifiera de voter à gauche si la menace d’une victoire est réelle et élevée. Enfin, pour les électeurs du FN, l’ennemi prioritaire reste le plus souvent la gauche, qui justifiera de voter à droite lorsque cela est nécessaire.

On ne peut donc parler de tripartisme, car certains mouvements ne se produisent quasiment jamais. La mobilisation d’électeurs de gauche pour permettre au FN de battre la droite reste pour l’instant une idée sans réalité autre que très circonstancielle (comme je l’avais montré dans le cas de l’élection législative partielle de l’Oise en 2013). De même les électeurs proches du FN ne se mobilisent-ils pas pour permettre à la gauche de l’emporter face à la droite.

Qu’en conclure dans le contexte actuel de primaire de la droite et de pré-campagne présidentielle ?

D’abord, que s’il s’agit de structures de dégoût, la personnalité et le positionnement idéologique du candidat désigné par les Républicains n’ont probablement que peu d’importance sur les reports de voix au second tour de l’élection présidentielle. Il est probable que, quel que soit le candidat LR opposé à Marine Le Pen, l’électorat de gauche se mobilisera à peu près dans les mêmes proportions – c’est-à-dire largement. Les débats à gauche sur l’opportunité d’aller voter ou non au second tour de la primaire, en faveur de l’un ou l’autre des candidats, semblent de ce point de vue assez vains.

Ensuite, que cette topologie du système partisan favorise systématiquement la droite du point de vue des résultats. Elle est en quelque sorte la moins unanimement détestée. Elle peut bénéficier de reports de voix venant aussi bien de la gauche que de l’extrême droite. Cela a abondamment été illustré au cours des scrutins de l’année 2015, mais pourrait trouver une nouvelle illustration lors des législatives de 2017.

Le FN a, pour sa part, absolument besoin de déplacer les lignes au sein de l’électorat de la droite s’il veut emporter des sièges au scrutin majoritaire. Il ne peut améliorer sa représentation que si davantage d’électeurs de droite viennent à sa rescousse en cas de duels avec la gauche, voire, dans des triangulaires serrées, que si une partie de l’électorat de droite se déplace vers le FN. Il serait donc rationnel (mais la politique l’est-elle ?) que le parti de Marine Le Pen fasse de son mieux pour atténuer le dégoût que peut encore éprouver une partie importante de l’électorat de droite. De ce point de vue, il n’est pas certain que les attaques virulentes contre François Fillon soient du meilleur effet.

Ce que nous savons de la configuration actuelle du système partisan, et de la porosité électorale, est fondé sur des élections intermédiaires, à faible enjeu et à faible niveau de participation. Le cycle électoral de 2017, au cours duquel la participation électorale devrait revenir à des niveaux beaucoup plus élevés, nous permettra d’avoir une idée plus précise de cette configuration.

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Voir également notre débat vidéo : Front national et droite: des frontières poreuses

Joël Gombin


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