Des éleveurs en plein désarroi, de plus en plus tentés par le bio

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Ils élèvent des porcs ou des vaches laitières, mais ne s’en sortent pas. Ils continuent pourtant de suivre les prescriptions des coopératives auxquelles ils adhèrent, des banques qui les financent et des lycées agricoles où ils ont étudié. Ces institutions prônent le modèle intensif qui mène ces agriculteurs à leur perte. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s’intéresser aux filières bio. Reportage.

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C'est un paradoxe : depuis quinze ans, pour les producteurs, le prix du kilo de porc ou du litre de lait n'a pas bougé, tandis que pour les consommateurs, la facture s'est allongée dans les grandes surfaces. Bastamag fait le point sur les marges des intermédiaires pour raconter l'absurdité du monde agricole aujourd'hui. « La marge opérée depuis 2000 a bénéficié exclusivement à l’industrie qui transforme le lait et aux distributeurs, écrivent les auteurs de l'article. La production laitière demeure l’une des seules professions où les prix de vente des produits a stagné, voire diminué depuis trente ans. Selon l’Institut de l’élevage, un quart des éleveurs laitiers a dégagé en 2015 un revenu annuel avant impôt inférieur à 10 000 euros. » L'évolution du prix des céréales a en outre conduit à une hausse des coûts de production et oblige de nombreux agriculteurs, aujourd'hui, à travailler à perte.

A partir de témoignages recueillis auprès d'éleveurs de l'ouest de la France, Bastamag raconte ainsi le désarroi de ces actifs qui ont longtemps cru au modèle productiviste qu'on leur a enseigné, et qui est savamment entretenu par le principal syndicat agricole, la FNSEA, et par les banques auprès desquelles ils se sont endettés. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus nombreux à se chercher une autre voie. « Etre au pied du mur provoque parfois des changements radicaux. Longtemps sujet de mépris, voire de franche rigolade dans les campagnes, le bio est maintenant considéré comme une alternative plausible. Dans le secteur laitier, celles et ceux qui se sont convertis en 2009, dans la foulée de la précédente crise du lait, n’ont pas de difficultés aujourd’hui. » Retrouver l'intégralité du reportage ici.

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