Comment l’Eglise de France exfiltre en silence ses prêtres pédophiles

Par Daphné Gastaldi, Mathieu Martiniere et Mathieu Périsse

“Congés sabbatiques”, mutations silencieuses à la campagne ou à l’étranger, réintégrations et promotions dans une nouvelle paroisse ou un autre diocèse. C’est un véritable mode opératoire que l’on observe dans la majorité des affaires de pédophilie au sein de l’Église de France. Dans le silence des évêchés, sans que la justice civile ne soit saisie.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Nous l’avions retrouvé dans l’annuaire 2016 du diocèse de Lyon. À la rubrique « ministère extra-diocésain ». Le père Jean-Marc Desperon, mis en examen à Montauban pour agression sexuelle sur mineur le 23 avril dernier à la suite de notre enquête, avait été exfiltré en catimini, vingt ans plus tôt, de Lyon vers le Tarn-et-Garonne. Officiellement, pour veiller au chevet de son père malade, dans la campagne du nord de Toulouse. Officieusement, car les premières alertes de parents, évoquant une lourde emprise psychologique sur leurs enfants, étaient remontées jusqu’au sommet de l’archevêché de Lyon.