Pavane pour une République défunte

Par

À l’avènement de la Ve République, l’hypertrophie du pouvoir exécutif avait pour pendant une double promesse de prospérité collective et de grandeur nationale. Incapable de restaurer cet équilibre rompu, Macron se coule pourtant dans une geste monarcho-présidentielle obsolète.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Plutôt que sur l’Ode à la joie, Emmanuel Macron aurait pu fêter sa victoire sur la Pavane pour une infante défunte, de Ravel, dont le titre aurait aussi pu être adapté à notre Ve République bientôt sexagénaire. Originellement, la pavane est en effet une danse de cour aux accents graves, pompeux et nostalgiques, qui s’accorderaient fort bien à l’épuisement des promesses autant qu’à l’apothéose des contradictions du régime politique en vigueur depuis 1958-1962.