Je suis docteur en science politique, auteur d’une thèse portant sur La reconversion partisane de la social-démocratie européenne (Dalloz, 2018), et de l’essai Une République à bout de souffle (Seuil, 2023). Après des collaborations ponctuelles avec Mediapart, j’en ai rejoint l’équipe définitivement à partir de février 2018. Membre du pôle politique jusqu’en 2025, je suis désormais responsable du pôle international de la rédaction.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Dans la production audiovisuelle comme dans la classe politique, il y a peu de monde pour s’interroger, trente ans après la disparition de l’ancien président de la République, sur la manière dont son action fut déterminée par une conception impériale de la nation française. Des ouvrages récents le permettent.
Le chercheur Clément Therme analyse la protestation en cours et sa répression de plus en plus sanglante. Le mouvement actuel pose plus que jamais des défis insolubles à un régime piégé par l’effondrement économique et l’hostilité des États-Unis.
Le politiste Kevin Parthenay revient sur l’agression du Venezuela par les États-Unis et la met en perspective avec l’évolution « illibérale » de nombreux régimes du sous-continent. Les nations sud-américaines sont politiquement trop éloignées les unes des autres pour s’unir contre Washington.
Les dirigeants du Vieux Continent se sont globalement abstenus de condamner le kidnapping de Nicolás Maduro. C’est la pire manière de défendre les principes dont ils se réclament et de se protéger contre l’avenir de vassaux que leur préparent Trump et ses soutiens.
En 2025, cette force politique a encore fortement progressé dans de nombreuses élections en Europe et dans le monde. Une poussée qui trouve son origine dans l’affaiblissement de ses adversaires, mais aussi dans une dynamique propre de déni et de violence.
L’historienne Sabine Dullin inscrit l’exercice du pouvoir de Vladimir Poutine, et sa guerre d’agression en Ukraine, dans des modes de gouvernement établis depuis plusieurs siècles. Hormis de brèves perturbations, « autocratie et empire se sont nourris l’un l’autre ».
L’auteur de la trilogie « Metro » décrit pourquoi Vladimir Poutine, président mais aussi « capitaliste numéro un » de la Russie, a besoin de déstabiliser les régimes démocratiques à ses portes. Exilé depuis trois ans en Europe, le romancier dit se sentir toujours « vulnérable ».
Dans « La Dissolution de la Ve République », les juristes Denis Baranger et Olivier Beaud racontent l’impossible renaissance d’un régime parlementaire, sur les décombres d’un système présidentialiste dynamité de l’intérieur. La classe politique peine à s’adapter à cette nouvelle ère.
L’eurodéputée Saskia Bricmont revient sur le report de la signature de l’accord de libre-échange que la présidente de la Commission souhaitait signer ce week-end au Brésil. Elle dénonce la logique d’un texte foncièrement antagoniste avec celle d’un commerce équitable.
José Antonio Kast, un héritier de la dictature de Pinochet, accède au pouvoir suprême par la voie des urnes. L’événement, révélateur des limites de la transition démocratique accomplie voici quatre décennies, est aussi un signal inquiétant bien au-delà du Chili.
La sociologue Stéphanie Alenda explique comment, en moins de dix ans, la droite traditionnelle issue de la transition démocratique a été dominée par une force d’extrême droite, le Parti républicain de José Antonio Kast, favori du second tour du 14 décembre.
Ancienne dirigeante de la gauche radicale finlandaise, l’élue appelle ses camarades à prendre la mesure de la menace d’extrême droite sur le continent. Et défend une méthode de réarmement alternative à celle des camps conservateurs et libéraux.
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À une semaine de la chute annoncée de François Bayrou, je partage ce texte donné au printemps à la revue belge « Politique ». Il tente de cerner dans quelle phase historique de notre régime politique s’inscrit cette nouvelle péripétie, dernier signe en date d’un macronisme aux abois et d’une classe politique désorientée.
Les responsables de gauche gagneraient à lire l’enquête sociologique de Félicien Faury, pour éviter trop de raccourcis sur le vote en faveur du Rassemblement national.
L’anthropologue est décédé le 25 mars. Il y a une dizaine d’années, il avait publié « Penser à droite », une tentative d’identifier les invariants des courants qui œuvrent à la reproduction de l’ordre établi.
Pour le théoricien communiste italien, le journalisme a été une pratique militante autant qu’un champ de réflexion sur la « nouvelle intellectualité » à forger pour faire pièce à l’ordre social en vigueur.
«L’Anthropocène», publié par Michel Magny dans la collection «Que sais-je ?», éclaire le chaos climatique en cours, et pointe l’ordre social et productif qui en est la cause. Ce qui est accablant, plus que le constat, est l’illusion propagée par l’écrasante majorité de la classe politique, selon laquelle un simple aménagement de cet ordre suffira.