Je suis docteur en science politique, auteur d’une thèse portant sur La reconversion partisane de la social-démocratie européenne (Dalloz, 2018), et de l’essai Une République à bout de souffle (Seuil, 2023). Après des collaborations ponctuelles avec Mediapart, j’en ai rejoint l’équipe définitivement à partir de février 2018. Je suis membre du pôle politique, et je travaille aussi sur les questions internationales et l’actualité des sciences sociales. Depuis 2020, j’assume également un mandat de délégué du personnel.
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Le second tour des législatives a confirmé la radicale nouveauté du paysage politique français depuis 2017. La majorité relative dont Emmanuel Macron doit se contenter génère cependant une situation pleine d’inconnues.
Entretien avec Alex Mahoudeau, auteur de « La Panique woke ». Il montre comment des militants pour davantage de justice font l’objet de polémiques apparemment absurdes, dont la nature et les conséquences sont extrêmement politiques. Les manières de les affronter sont multiples, assure-t-il.
En renvoyant la Nupes à l’extrême gauche, la Macronie prétend englober la sensibilité sociale-démocrate. Il ne s’agit pourtant que d’un avatar dévitalisé de ce courant intellectuel et politique. Pour plusieurs de ses figures historiques, la stratégie réformiste n’impliquait pas la disparition d’un objectif de transformation sociale.
Les législatives ont confirmé un nouvel ordre électoral dominé par des forces nouvelles ou longtemps éloignées du pouvoir. La gauche devra ses sièges supplémentaires à sa dynamique de rassemblement, et l’extrême droite à son ancrage toujours plus affirmé.
Dans les années 1970, le programme commun fut rejeté par des membres du PS imprégnés de culture anticommuniste. Ils ne trouvèrent aucun espace pour une quelconque « troisième voie ». À cinquante ans de distance, le même défi se pose aux contempteurs de la Nupes.
Dans la 14e circonscription du Rhône, le remplaçant du candidat déchu Taha Bouhafs fait campagne sur le nom de Mélenchon et sur son ancrage local, et préfère rester discret sur la ligne identitaire du Parti communiste local.
Appliquer un programme justifie-t-il de s’affranchir du droit européen ? C’est l’une des controverses centrales de la campagne des législatives. Mediapart a réuni l’eurodéputée insoumise Manon Aubry et le ministre délégué aux affaires européennes Clément Beaune.
Si la psychanalyse veut échapper au déclin, elle doit davantage se frotter aux sciences historiques. C’est la thèse de notre invité Hervé Mazurel, auteur de « L’inconscient ou l’oubli de l’histoire ». Il insiste sur la « connexion étroite » qui existerait entre structures psychiques et structures sociales.
Par intérêt électoral ou conviction idéologique, nombreux sont ceux qui fustigent l’union des gauches. Un tir de barrage dont la violence rappelle de lointains épisodes, dans les années 1970 ou lors de la constitution du Front populaire.
Les élections législatives fourmillent de cas de « parachutages ». Volontiers dénoncés, sont-ils si choquants ? La pratique, parfois assumée, n’a pas toujours été mal vue par le passé. Si elle reste sulfureuse, c’est à cause des failles de la représentation dont elle est le symptôme.
Les élections nationales ont mis à l’épreuve la stratégie d’autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.
La relaxe d’Éric Zemmour pour ses propos sur un prétendu « sauvetage » des juifs français par Pétain a suscité de vives réactions. Tandis que le parquet général s’est pourvu en cassation, les historiens que nous avons interrogés pointent que le principal problème réside dans les motivations de l’arrêt. Explications.
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Pour le théoricien communiste italien, le journalisme a été une pratique militante autant qu’un champ de réflexion sur la « nouvelle intellectualité » à forger pour faire pièce à l’ordre social en vigueur.
«L’Anthropocène», publié par Michel Magny dans la collection «Que sais-je ?», éclaire le chaos climatique en cours, et pointe l’ordre social et productif qui en est la cause. Ce qui est accablant, plus que le constat, est l’illusion propagée par l’écrasante majorité de la classe politique, selon laquelle un simple aménagement de cet ordre suffira.
Dans son livre sur «les nouveaux activistes américains», Mathieu Magnaudeix décrit un activisme joyeux mais extrêmement méthodique, au service des laissé.e.s pour compte d’un ordre social impitoyable. Un récit qui révèle le caractère fruste de certains débats français.
Le statu quo n’est pas souhaitable, et le saut vers une véritable union fiscale paraît encore lointain. Contre le désastre écologique, c'est en fait une socialisation de la monnaie et de la finance qui serait nécessaire. Difficile de l'envisager sans une «désintégration» organisée de l’euro, qui n’a toujours pas de base sociale ou politique à gauche.
Dès 1971, l’économiste postkeynésien Nicholas Kaldor prévenait qu’une union monétaire sans intégration fiscale et politique accentuerait les divergences entre ses membres, au point d’empêcher son parachèvement.