Je suis docteur en science politique, auteur d’une thèse portant sur La reconversion partisane de la social-démocratie européenne (Dalloz, 2018), et de l’essai Une République à bout de souffle (Seuil, 2023). Après des collaborations ponctuelles avec Mediapart, j’en ai rejoint l’équipe définitivement à partir de février 2018. Membre du pôle politique jusqu’en 2025, je suis désormais responsable du pôle international de la rédaction.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Refuser de soutenir la proposition lepéniste d’abroger la réforme des retraites n’a rien d’une posture « bourgeoise ». Le texte n’a aucune chance d’être adopté, la gauche pourra bientôt défendre le sien, et les bénéfices d’un soutien pèsent peu face à ses effets désastreux.
Au lendemain d’élections locales en Belgique, Pascal Delwit décrypte le paysage politique du pays et la résilience des socialistes francophones. L’universitaire pointe ce qui les différencie de leurs homologues français, mais aussi le déficit d’identité qu’ils partagent avec tous les sociaux-démocrates européens.
Aux États-Unis, le score de Trump auprès des femmes pourrait être historiquement bas. En Europe, plusieurs formations d’extrême droite, comme en France ou en Autriche, ont résorbé les différences entre les genres au moment du vote. Question de stratégies.
Les dirigeants de Place publique ont fait leur rentrée à La Réole, se donnant neuf mois pour structurer leur parti et fabriquer un programme solide. Réfutant tout procès en centrisme, ils trouvent encore l’essentiel de leurs interlocuteurs parmi les opposants de gauche à La France insoumise.
L’entreprise, critiquée pour une enquête portant sur les Français musulmans, a finalement renoncé à ses poursuites judiciaires contre un article du journal « Le Monde ». Mais les avocats des personnes ciblées, parmi lesquelles le politiste Alexandre Dézé, ont demandé une condamnation pour procédure abusive.
Le philosophe Pierre Charbonnier publie « Vers l’écologie de guerre ». Il suggère qu’un réalignement prometteur s’esquisse entre la raison géopolitique des États et la raison climatique de l’humanité. Une thèse en forme de défi à la tradition libertaire du mouvement écolo.
Poussé par une vague de nouveaux témoignages, le ministère des armées a annoncé un programme de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans ses rangs. Pourra-t-il changer une institution qui a souvent préféré taire, voire couvrir ces violences ?
La formation du gouvernement Barnier ne correspond ni aux canons de la Ve République, ni à ceux d’un régime parlementaire plus classique. Le chef de l’État et son premier ministre foncent dangereusement vers un no man’s land de la légitimité.
Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale dénonce « la continuation du macronisme en pire ». Il annonce qu’à défaut d’une cohabitation au sein de l’exécutif, le président de la République devra la subir à l’Assemblée.
En Allemagne, l’ancienne figure de Die Linke perce avec un discours dur sur l’immigration et les questions de société. En France, elle n’a guère d’équivalent. Même le positionnement de François Ruffin n’est pas du même ordre. Explications.
En critiquant la stratégie de Jean-Luc Mélenchon avec parfois les mots du camp conservateur, le député de la Somme s’est mis radicalement à dos ses anciens camarades de La France insoumise. Illustration à la Fête de l’Humanité, où il s’est fait huer. Des sympathisants de gauche regrettent l’effet dévastateur de ces divisions.
Le politiste Vincent Tiberj conteste l’idée d’une droitisation « par en bas » de la société. Il préfère pointer la responsabilité des élites médiatiques et politiques, sur fond de désaffiliation politique croissante des citoyens. Mais la gauche serait imprudente d’y voir un contre-récit rassurant.
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À une semaine de la chute annoncée de François Bayrou, je partage ce texte donné au printemps à la revue belge « Politique ». Il tente de cerner dans quelle phase historique de notre régime politique s’inscrit cette nouvelle péripétie, dernier signe en date d’un macronisme aux abois et d’une classe politique désorientée.
Les responsables de gauche gagneraient à lire l’enquête sociologique de Félicien Faury, pour éviter trop de raccourcis sur le vote en faveur du Rassemblement national.
L’anthropologue est décédé le 25 mars. Il y a une dizaine d’années, il avait publié « Penser à droite », une tentative d’identifier les invariants des courants qui œuvrent à la reproduction de l’ordre établi.
Pour le théoricien communiste italien, le journalisme a été une pratique militante autant qu’un champ de réflexion sur la « nouvelle intellectualité » à forger pour faire pièce à l’ordre social en vigueur.
«L’Anthropocène», publié par Michel Magny dans la collection «Que sais-je ?», éclaire le chaos climatique en cours, et pointe l’ordre social et productif qui en est la cause. Ce qui est accablant, plus que le constat, est l’illusion propagée par l’écrasante majorité de la classe politique, selon laquelle un simple aménagement de cet ordre suffira.