Je suis docteur en science politique, auteur d’une thèse portant sur La reconversion partisane de la social-démocratie européenne (Dalloz, 2018), et de l’essai Une République à bout de souffle (Seuil, 2023). Après des collaborations ponctuelles avec Mediapart, j’en ai rejoint l’équipe définitivement à partir de février 2018. Membre du pôle politique jusqu’en 2025, je suis désormais responsable du pôle international de la rédaction.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Marqué par un nouveau record pour l’extrême droite et un recul très net du camp présidentiel, le scrutin du 9 juin aura aussi montré les limites sociologiques des forces de gauche, qui entendent reconstituer leur union pour éviter une déroute le 30 juin prochain.
Si l’Union a encaissé beaucoup de chocs ces dernières années, le reste de la décennie s’annonce tout aussi crucial. La catastrophe écologique, la menace russe, l’éventuelle élection de Trump et la montée de l’extrême droite vont tester un édifice communautaire pas du tout calibré pour ce « gros temps » historique.
En choisissant de se compter aux européennes, les gauches ont fait renaître des affrontements qui sapent les conditions de l’unité. Les sociaux-démocrates anticipent un bon score qui crispe les Insoumis, tandis que les Écologistes se veulent facilitateurs, tout en luttant pour leur survie au Parlement européen.
Les porte-parole de la campagne de Renaissance et de celle de Raphaël Glucksmann s’opposent sur le nouveau « pacte de stabilité » adopté par le Parlement européen. Ils confrontent leurs idées sur les moyens fiscaux d’abonder le budget européen, et sur l’état du système bancaire en Europe.
Lors de son plus grand meeting de campagne, la tête de liste du PS et de Place publique a insisté sur le danger de l’extrême droite, et déroulé son discours sur la nécessité d’une puissance européenne. Il a aussi fustigé l’attitude des Insoumis à son égard.
Des voix, dont celle d’Emmanuel Macron, plaident pour permettre à l’Ukraine d’utiliser les missiles occidentaux pour viser des cibles militaires en Russie. Les soutiens de Kyiv sont divisés sur la question, tout comme les têtes de liste françaises aux élections.
Face aux listes séparées, le « peuple de gauche » apparaît déboussolé. Beaucoup iront voter malgré tout pour faire grossir le total des gauches face à l’extrême droite. Mais le choix s’avère un casse-tête souvent insoluble.
Après des mois de relative stabilité du front, la Russie lance de nouvelles offensives. Le chercheur Yohann Michel revient sur la phase « difficile » du conflit que traverse l’armée ukrainienne et explique en quoi l’issue de la guerre dépend largement de la volonté politique de ses soutiens occidentaux.
Après des candidatures uniques aux législatives, était-il pertinent de présenter au moins quatre listes de gauche ? Les programmes révèlent des approches distinctes de l’intégration européenne, mais laissent penser que des regroupements étaient possibles.
Le député socialiste Arthur Delaporte appelle l’exécutif à suspendre son projet de loi constitutionnelle visant à élargir le corps électoral de l’archipel. Selon lui, le premier ministre doit se ressaisir du dossier néo-calédonien.
La liste menée par Manon Aubry espère entrer dans une « nouvelle phase ». Elle entend élargir son message, jusque là concentré autour de la défense de la Palestine et parasité par les sorties de l’ancien candidat à la présidentielle.
De récentes déclarations d’Emmanuel Macron sur un possible partage européen de la dissuasion nucléaire française ont remis la question de l’atome au centre des débats. Deux ans après le début de la guerre en Ukraine, est-il encore possible de contrôler et de diminuer les arsenaux des États dotés de cette arme ?
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À une semaine de la chute annoncée de François Bayrou, je partage ce texte donné au printemps à la revue belge « Politique ». Il tente de cerner dans quelle phase historique de notre régime politique s’inscrit cette nouvelle péripétie, dernier signe en date d’un macronisme aux abois et d’une classe politique désorientée.
Les responsables de gauche gagneraient à lire l’enquête sociologique de Félicien Faury, pour éviter trop de raccourcis sur le vote en faveur du Rassemblement national.
L’anthropologue est décédé le 25 mars. Il y a une dizaine d’années, il avait publié « Penser à droite », une tentative d’identifier les invariants des courants qui œuvrent à la reproduction de l’ordre établi.
Pour le théoricien communiste italien, le journalisme a été une pratique militante autant qu’un champ de réflexion sur la « nouvelle intellectualité » à forger pour faire pièce à l’ordre social en vigueur.
«L’Anthropocène», publié par Michel Magny dans la collection «Que sais-je ?», éclaire le chaos climatique en cours, et pointe l’ordre social et productif qui en est la cause. Ce qui est accablant, plus que le constat, est l’illusion propagée par l’écrasante majorité de la classe politique, selon laquelle un simple aménagement de cet ordre suffira.