En économie, Sarkozy aussi versatile que Chirac

Par
Applaudis par la gauche, critiqués par la droite, le RSA et son financement, assis sur une taxation des revenus de placement, sont en réalité les révélateurs d'une politique économique et sociale frappée de schizophrénie. Car non seulement Nicolas Sarkozy alourdit les taxes sur le capital alors qu'il avait promis de les alléger, mais encore il affirme vouloir limiter les effets sociaux de la déréglementation du marché du travail qu'il vient d'accroître avec... la réforme du contrat de travail. La «rupture» annoncée n'en est pas une: en économie, le sarkozysme est une variante du chiraquisme.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«La rupture» : en plaçant ce slogan au centre de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait comprendre à son camp, et au-delà aux milieux d'affaires, que sa première ambition en cas de victoire serait de rompre avec des années d'immobilisme, de conservatisme ou d'incohérence. De rompre avec les années Jospin, mais plus encore avec les années Chirac. Las! Après de nombreuses autres mesures, le Revenu de solidarité active (RSA), dont le chef de l'Etat vient de révéler les modalités, agit comme un révélateur: à l'opposé de la «rupture» annoncée, la nouvelle prestation sociale confirme que la politique économique et sociale s'inscrit dans la parfaite continuité de celle inspirée par Jacques Chirac. Aussi imprévisible, aussi versatile, elle est marquée par les mêmes pulsions schizophréniques.