La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il y aura une intervention militaire occidentale en Libye, mais quand. Et sous quelle forme exactement. C’est ce que répètent, à Paris comme à Washington, les stratèges des opérations extérieures. Même la cible prioritaire est déjà connue. Ce sera la région de Syrte. La transformation de cette ville portuaire, à 700 km seulement au sud de Catane (Sicile), en bastion de l’État islamique est inacceptable pour les gouvernements européens. Et l’implantation durable d’un foyer de déstabilisation djihadiste dans un pays en péril de « somalisation » au nord du continent africain n’est pas plus tolérable pour les États frontaliers de la Libye – Tunisie, Algérie, Niger, Tchad, Soudan, Égypte – tous déjà aux prises avec des menaces islamistes diverses. Les représentants de la plupart de ces pays ont d’ailleurs prévu de se rencontrer à la fin du mois en Tunisie, pour examiner les conséquences, chez eux du chaos libyen.