Birmanie: la dernière chance d’Aung San Suu Kyi

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Une commission internationale constituée à sa demande vient de présenter à la première ministre une série de propositions pour mettre un terme au statut de paria et aux violences infligées par l’armée, la police et la majorité bouddhiste à la minorité musulmane des Rohingyas. Après avoir trop longtemps fermé les yeux, saisira-t-elle cette occasion de sauver son honneur perdu ?

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C’est la part de ténèbres d’Aung San Suu Kyi. Il y a huit mois, une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles onze ont obtenu comme elle le prix Nobel de la paix, l’avaient accusée de passivité, voire de complicité, en raison de son silence face aux violences extrêmes qu’inflige l’armée birmane à la minorité musulmane des Rohingyas, dans le nord-ouest du pays. Aujourd’hui, alors qu’en à peine plus d’une semaine, 90 000 Rohingyas, chassés par la terreur, viennent de trouver un refuge précaire au Bangladesh, l’ancienne icône de la démocratie et des droits de l’homme en Birmanie, devenue premier ministre de facto, persiste à nier la brutalité de la répression et accuse même les ONG présentes sur le terrain d’aider les « terroristes ».