Un journaliste détenu 56 jours dans une prison saoudienne: «Je me suis souvenu de Khashoggi et de la scie»

Par Quentin Müller

L’affaire Khashoggi n’a pas freiné l’Arabie saoudite dans sa répression de la presse. S’étant récemment enfui d’une prison secrète saoudienne au Yémen, un journaliste raconte à Mediapart ses 56 jours de supplices.

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«Cette cicatrice-là, c’est ma tentative de suicide. » Yahya al-Sewari tend le bras dans la pénombre de sa chambre d’hôtel. Une longue marque rouge court sur sa peau. « La barre de métal n’était pas assez pointue pour me couper profondément et me tuer, alors j’ai eu l’idée de creuser, creuser… » Le journaliste yéménite de 27 ans est arrivé dans le sud d’Oman après s’être évadé d’une geôle secrète saoudienne, implantée au Yémen. Ce grand jeune homme, aux épaules larges et à l’imposant masar (turban) sombre, enquêtait depuis plusieurs mois sur les exactions commises par l’Arabie saoudite dans le gouvernorat yéménite de Mahra.