Lobbies à Bruxelles: la balle est dans le camp du parlement

Jean-Claude Juncker a relancé le débat sur la transparence des institutions de l'UE. Publication de l'agenda des commissaires, inscription  des lobbies à un registre… des propositions insuffisantes, jugent les ONG. Tout dépendra de la réaction du parlement européen en 2015.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

De notre envoyé spécial à Bruxelles. Le « Dalligate », du nom de l'ex-commissaire européen à la santé John Dalli, poussé à la démission à l'automne 2012 dans des circonstances troubles, avait relancé les spéculations sur la puissance des lobbies du tabac au cœur de Bruxelles. L'affaire, qui n'est toujours pas élucidée, avait empoisonné les derniers mois de José Manuel Barroso à la tête de la commission.
Le successeur du Portugais, Jean-Claude Juncker, a voulu prendre les devants. Il a cherché, d'entrée de jeu, à donner des gages de transparence aux sceptiques. « Nos citoyens ont le droit de savoir avec qui se réunissent les commissaires et leurs équipes, les eurodéputés et les représentants du conseil européen, tout au long du processus législatif », avait assuré le Luxembourgeois devant les élus à Strasbourg, mi-juillet.
Depuis le 1er décembre, les 28 commissaires européens et leurs proches collaborateurs sont invités à rendre publics, sur une page internet dédiée, l'ensemble de leurs rendez-vous avec des groupes d'intérêt et autres « personnes agissant en qualité d'indépendant ». Sont concernés par cette mesure les commissaires, mais aussi leurs membres de cabinet, et les directeurs généraux des services de la commission.
À titre d'exemple, on apprend que Cecilia Malmström, la commissaire en charge des négociations de libre-échange avec les États-Unis (TTIP), a rencontré quelques ONG depuis son entrée en fonction – mais aussi que sa directrice de cabinet s'est entretenue avec les représentants de Goldman Sachs ou de General Electric courant décembre. Ou encore que Miguel Arias Cañete, le sulfureux commissaire à l'action climatique et à l'énergie, n'a encore officiellement rencontré aucun groupe d'intérêt – mais que son cabinet, lui, ne chôme pas (Iberdrola, Neste Oil, GDF Suez, Friends of the Earth Europe, etc.).
La démarche, inédite à Bruxelles, est encore fragile. Les informations semblent parfois lacunaires. Il est très difficile de les vérifier et, surtout, de repérer les éventuelles omissions. Il faudra donc suivre l'évolution de ces pages au fil des mois.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là

Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

À ne pas manquer

Asie et Océanie — Analyse
Xi Jinping, le pompier pyromane
L’atelier du monde est au bout du rouleau et dans toute la Chine, des protestations réclament la fin des mesures draconiennes de contrôle social décidées au nom de la lutte contre le Covid. Le numéro un chinois est pris au piège de sa politique autoritaire.
par François Bougon
Violences sexistes et sexuelles — Analyse
Ce que deviennent 100 affaires révélées depuis #MeToo
Que sont devenues les révélations en avalanche dans les médias français depuis #MeToo, en 2017 ? Ont-elles été judiciarisées ? Quelles en ont été les conséquences ? Mediapart a décortiqué 100 dossiers parmi les plus retentissants.
par Lénaïg Bredoux, Donatien Huet et Marine Turchi
Transports publics, le délitement — Reportage
RER B : voyage sur la ligne qui déraille
Le RER B est la deuxième ligne de train la plus chargée d’Europe, et pourtant elle souffre de nombreuses tares : quatre terminus, un tunnel partagé avec le RER D et, surtout, un sous-investissement chronique de la part de la région et de l’État. Les usagers souffrent, les conducteurs aussi.
par Khedidja Zerouali
Politique économique
Le FMI confirme que la « boucle prix-salaires » est d’abord un récit conservateur
Une étude du FMI montre qu’il est quasiment impossible d’identifier un effet d’entraînement durable des rémunérations sur l’inflation. Un camouflet pour Emmanuel Macron qui fonde sa politique sur la crainte de cette « boucle prix-salaires ».
par Romaric Godin