Europe : Belgique cherche commissaire désespérément

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La Belgique traîne à désigner son commissaire européen. Les capitales avaient officiellement jusqu'au 31 juillet pour faire connaître leur choix. Mais le royaume peine à trancher entre les candidats, pour une raison simple : il n'a pas encore de gouvernement...

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. Le feuilleton, qui a duré tout l'été, devrait connaître son épilogue jeudi. Ce jour-là, avec environ cinq semaines de retard sur les 27 autres membres de l'UE, la Belgique devrait enfin faire connaître le nom de son futur commissaire européen. Dans ce petit pays plutôt europhile, siège de nombre des institutions européennes, l'affaire est grave.

À l'origine, Jean-Claude Juncker avait donné jusqu'au 31 juillet à chacune des capitales, pour lui faire parvenir le nom de leur candidat. Le Luxembourgeois, qui dirigera la commission à partir de novembre, souhaitait prendre le reste de l'été pour constituer son équipe et répartir les portefeuilles. La plupart des capitales ont respecté cette date butoir, à l'image de Paris, qui a transmis le nom de Pierre Moscovici fin juillet.

Mais la Belgique a traîné. Samedi, en marge d'une réunion extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement, Juncker s'est agacé, estimant que l'attitude belge « paralyse l'Europe ». Ce retard pourrait coûter cher à la Belgique en terme d'influence dans la bulle bruxelloise : elle risque de récupérer un portefeuille anecdotique au sein du nouvel exécutif. Le royaume comptait jusqu'à présent sur deux figures de poids, pour défendre – officieusement – ses intérêts : Herman Van Rompuy, à la tête du conseil de l'UE, et Karel de Gucht, le commissaire au commerce.

« C'est une honte! s'est emportée Joëlle Milquet, une figure de la politique belge, dans l'opposition au niveau fédéral. On aurait pu le faire plus tôt ! Il y avait des candidats ! Ça ne va pas ! On est les derniers, on va avoir quoi, comme compétence, l'informatisation de l'Europe ? » a-t-elle déclaré lundi dans un entretien au Soir, avant de revenir en partie sur ses propos qui ont provoqué un début de polémique.