Climat : « L'accord de Paris doit être un point de bascule »

Que peut-on attendre de l’accord de Paris, espéré en décembre, pour lutter contre le dérèglement climatique ? Dans un rare entretien, Laurence Tubiana, ambassadrice de la France pour le climat et cheville ouvrière de la Cop 21, défend le rôle de ces négociations, qu'elle voit comme une victoire possible « des modernes contre les anciens ». Face à elle, la chercheuse Amy Dahan dénonce le schisme entre les négociations climatiques et le réel.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Que peut-on encore attendre de l’accord de Paris, espéré en décembre, pour lutter contre le dérèglement climatique ? Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre proposés par les États ne permettront pas de contenir la hausse de la température globale à 2 °C, seuil au-delà duquel le système du climat pourrait être durablement bouleversé par des réactions en chaîne. Le 31 mars dernier, les pays devaient publier leurs intentions de baisse des rejets de CO2, dans la perspective du sommet de Paris sur le climat (du 30 novembre au 11 décembre). Seule une poignée d’entre eux en ont fait l’effort : les États-Unis, annonçant une baisse de 26 à 28 % de leurs gaz à effet de serre d’ici 2025 (par rapport à 2005) ; la Russie, partie pour une baisse de 25 à 30 % d’ici 2030 (par rapport à 1990) ; l’Union européenne, volontaire pour une décrue de 40 % en 2030 (par rapport à 1990) ; ainsi que le Mexique, la Norvège, la Suisse et le Gabon, premier État africain à présenter ses engagements – dans un contexte politique agité par les scandales de corruption.