Tuerie en Macédoine: enquête sur une manipulation d’Etat

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Dix-huit morts et pas de revendications, un communicant français dont on parle beaucoup, d’omniprésents services secrets et une poignée de mercenaires et criminels albanais. L’opération « antiterroriste » de Kumanovo en Macédoine, menée les 9 et 10 mai, apparaît comme une manipulation du pouvoir ayant tourné au fiasco.

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Skopje (Macédoine), Pristina (Kosovo) de notre envoyé spécial.-  La Macédoine est-elle sur le point de sombrer dans la guerre civile, quatorze ans après le conflit de 2001 ? Le samedi 9 mai au petit matin, la police macédonienne lançait l’assaut dans un quartier albanais de Kumanovo, une grande ville du nord-ouest de ce petit pays de deux millions d'habitants, où une forte minorité albanaise pèse un quart de la population. De mystérieux « terroristes albanais » s’y étaient retranchés – pas moins de 70 hommes lourdement armés, dira dans un premier temps le gouvernement, avant de revoir ce chiffre à la baisse. Les autorités expliquent qu’il s’agirait des criminels « les plus dangereux des Balkans », des vétérans des guérillas albanaises, liés au grand banditisme mais aussi aux réseaux islamistes internationaux… Au terme de deux journées de combats, le bilan est accablant : huit policiers sont tués, 35 blessés, et dix « terroristes » sont abattus – un Albanais de Macédoine et neuf originaires du Kosovo voisin.