Terrorisme et démocratie à Barcelone

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À l’heure où la Catalogne est confrontée à un de ses plus grands défis démocratiques, plus aucun signe ne rappelle à Barcelone l’attentat terroriste du 17 août dernier. Le signe d’un déni de réalité, estime le chercheur et spécialiste de l’islam contemporain Jean-Pierre Filiu.

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C’est comme si le cauchemar estival n’avait jamais existé. Le 17 août 2017, une voiture lancée dans la foule sur les Ramblas par un djihadiste avait tué 14 personnes, alors que deux autres personnes étaient assassinées à Barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils. Mais une dizaine de semaines plus tard, l'émotion suscitée par cette tragédie a été submergée par l'ampleur de la crise indépendantiste. Il ne reste rien des mémoriaux spontanément dressés en hommage aux victimes, ni à l’entrée des Ramblas, là où le véhicule meurtrier avait fait irruption, ni près de l’opéra du Liceu, où la voiture avait interrompu sa course folle, six cents mètres plus bas. Les policiers en faction assurent que les témoignages de solidarité ont intégralement été rassemblés pour être présentés le moment venu dans un musée.