Joe Biden au seuil de la Maison Blanche

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Alors que le décompte se poursuit dans plusieurs États cruciaux, le candidat démocrate Joe Biden semble bien parti pour s’assurer 270 grands électeurs nécessaires pour être élu président. Le sortant Donald Trump continue à dénoncer une fraude sans apporter de preuves. 

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Joe Biden, le candidat démocrate, se rapproche au fil des heures – et de l’avancée du dépouillement – de la Maison Blanche. Toute la journée de vendredi, il a conforté son avance dans quatre des derniers États cruciaux où le résultat n’est pas encore connu, en Pennsylvanie, en Géorgie, en Arizona et au Nevada. Mais, pour l’heure, aucun des grands médias ne s’est risqué à annoncer sa victoire au motif que les résultats sont trop serrés : « Too close to call », comme ne cessent de dire les animateurs des émissions en direct.

Vendredi soir, le candidat démocrate s’est de nouveau exprimé, se disant certain d’obtenir quelque 300 grands électeurs, soit plus que la majorité des 270 nécessaires au sein du collège électoral pour être désigné 46e président des États-Unis à partir de janvier. « Nous allons gagner cette course avec une nette majorité, la nation est derrière nous. Nous avons 74 millions de vote, je vais répéter, 74 millions de votes... Jamais un ticket présidentiel n a obtenu autant dans l’histoire des États-Unis. » 

Il a aussi réitéré son appel à la patience et au calme : « La démocratie marche, votre vote sera compté. »

Biden y voit « un mandat pour agir sur le Covid, l’économie, le changement climatique, le racisme systémique », soulignant qu’il avait déjà rencontré des experts, avec sa colistière Kamala Harris, pour se préparer à contrer la pandémie. « Cela ne pourra pas sauver les vies qui ont été perdues mais cela sauvera des vies ces prochains mois. » Sur l’économie, il s’est aussi engagé à mener un plan pour « une reprise forte ».

Plus largement, ll s’est posé encore une fois en rassembleur après quatre ans de trumpisme : « Nous avons de fortes oppositions, mais c’est le signe d’un débat vigoureux (...). Nous pouvons être des opposants, mais nous ne sommes pas des ennemis. »

Son rival, le président républicain sortant Donald Trump, ne s’est pas exprimé publiquement, mais la veille il s’était présenté en victime d’un système corrompu. 

Jeudi depuis la Maison Blanche, devant la presse, il avait évoqué les fraudes en cours pour qu’on lui « vole » sa réélection sans apporter de preuves. Il avait menti à plusieurs reprises (lire ici l’article d’Associated Press) notamment sur les résultats de plusieurs États – il s’est ainsi attribué la victoire en Pennsylvanie ou en Géorgie alors que le décompte y est toujours en cours comme dans d’autres États (Alaska, Arizona – deux médias, Associated Press et Fox News, y donnent Biden vainqueur –, Caroline du Nord, Nevada).

D’où la décision des trois grandes chaînes de télévision, ABC, CBS et NBC, de cesser leur retransmission de la conférence de presse. « Nous devons interrompre ici, parce que le président a fait un certain nombre de fausses déclarations, y compris le fait qu’il y a eu un vote frauduleux », a déclaré Lester Holt, le présentateur du « NBC Nightly News ».

Donald Trump quitte la salle de presse de la Maison Blanche, jeudi 5 novembre. © Brendan Smialowski / AFP Donald Trump quitte la salle de presse de la Maison Blanche, jeudi 5 novembre. © Brendan Smialowski / AFP

En Géorgie, l’avance de Donald Trump s’est considérablement réduite au fil de la journée de jeudi : les deux hommes sont quasiment à égalité. C’est aussi le cas en Pennsylvanie, où le président sortant est progressivement rattrapé par son rival. Dans le Nevada, le candidat démocrate mène avec plus de 11 000 voix. Les opérations se déroulent sans heurt, même si des manifestations de pro-Trump et anti-Trump ont lieu devant les centres de décompte et malgré les tentatives d’intimidation des équipes républicaines qui déposent recours sur recours.

« C’est inédit dans l’histoire des États-Unis », a pourtant dit Trump dans son intervention. « Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection », a lancé le président américain, qui a aussi pris pour cible « les grands médias, le monde des affaires et les géants de la tech’ »

« J’ai le sentiment que la justice devra trancher en fin de compte. » Son ton cependant sonnait comme celui d’un homme qui se prépare à la défaite à venir, et il a même donné l’impression d’un président retranché et isolé dans la Maison Blanche à Washington.

De plus, le président semble abandonné par une partie de ses troupes, car des personnalités républicaines ne le suivent pas dans ses théories du complot.

Dans un tweet, le sénateur républicain Mitt Romney a souligné que « le décompte de chaque vote est au cœur de la démocratie ». « Ayez foi dans la démocratie, dans notre Constitution et dans le peuple américain », a-t-il conclu dans une adresse qui contredisait toutes les assertions de Trump et rejoignait le discours de Biden.

Même le vice-président Mike Pence s’est gardé de reprendre les accusations de fraude et de corruption, se contentant d’un timide soutien – « Je suis aux côtés du président Donald Trump » –, et soulignant la nécessité de « compter chaque vote LEGAL »

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