L’annulation de l’élection à Istanbul marque une nouvelle dérive autoritaire

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Après cinq semaines de suspense, les autorités électorales turques ont invalidé la victoire du candidat de l’opposition sociale-démocrate à la mairie d’Istanbul et convoqué un nouveau scrutin le 23 juin. Pour de nombreux observateurs, cette décision rompt les dernières amarres qui liaient encore la Turquie à la démocratie.

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Istanbul (Turquie), de notre correspondant.– Lundi soir, le président du Conseil électoral suprême (YSK) de Turquie, Sadi Güven, n’affichait pas la sérénité de l’homme de loi qui vient de rétablir la justice. Interpellé par des journalistes alors qu’il quittait dans la nuit son institution, l’ancien juge, les traits tirés, s’est refermé comme une huître. « Le processus juridique a pris fin. Le YSK a pris sa décision au terme d’une réunion de ses onze membres. Nous avons transmis cette décision par écrit. C’est tout ce que j’ai à dire », a-t-il lâché avant de disparaître.