Le mouvement social chilien prétexte à des violences sexuelles

Par Yasna Mussa

La répression du mouvement social au Chili a été marquée par des violences sexuelles systématiques. Des collectifs féministes tentent d’obtenir justice et de pousser à des réformes au sein de la police, appelant à manifester dimanche et lundi.

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Santiago (Chili), correspondance.– C’est durant la nuit du 23 octobre 2019 que la journaliste Estefani Carrasco a été interpellée par des carabiniers – la police chilienne –, dans la ville d’Arica, à la frontière nord du Chili. Le pays vivait un moment particulier : quatre jours auparavant, le président Sebastián Piñera avait imposé un cessez-le-feu, qui resterait en place une semaine. Débordé par une mobilisation sociale partie de la capitale, Santiago, provoquée au départ par une hausse des tarifs des transports publics, le chef de l’État avait fait appel à la police et à l’armée pour tenter de reprendre la main. Cette décision a ouvert la voie à des atteintes aux droits humains rappelant la dictature de Pinochet. Et les femmes en ont été les premières victimes.