En Turquie, une « effervescence permanente », sans résultat dans les urnes

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Les Turcs ont élu ce dimanche leur président, pour la première fois au scrutin universel direct. Recep Tayyip Erdogan, l'actuel premier ministre, l'a emporté dès le premier tour. Le candidat kurde, de son côté, a obtenu un score historique.

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Un scrutin sans surprise : c'était ce qui ressortait de la plupart des analyses écrites sur la Turquie à la veille d'une élection qui allait voir, pour la première fois, les électeurs se prononcer directement pour le choix de leur président, alors que jusqu'à présent, c'était le parlement turc qui élisait le chef de l’État. L'actuel premier ministre Recep Tayyip Erdogan (AKP, “Parti de la justice et du développement”, musulman conservateur) était en effet déjà donné gagnant de ce scrutin à deux tours, et il a remporté l'élection dès le premier tour, ce dimanche 10 août 2014 avec 51,8% des voix. Face à lui, deux figures : le candidat présenté par les deux principaux partis d'opposition réunis pour ce scrutin (le CHP, “Parti républicain du peuple”, social-démocrate laïc, et le MHP, “Parti d'action nationaliste”), Ekmeleddin Ihsanoglu, ainsi que le candidat du parti kurde (HDP, “Parti de la démocratie du peuple”), Selahattin Dermitas. C'est de ce côté-ci qu'est venue la surprise. Le candidat kurde a en effet obtenu un score historique: 9,7% des voix. Entretien avec Jean Marcou, professeur à Sciences-Po Grenoble, chercheur associé à l'Institut français d'études anatoliennes et vice-directeur de l'Observatoire de la vie politique turque.