Amérique du Sud: gauche en crise ou gauche durable?

Par Jean-Baptiste Mouttet

Cela fait quinze ans que la vague de gauche a gagné le continent sud-américain. Malgré des pronostics lui annonçant une fin toujours prochaine, elle demeure aux commandes dans de nombreux pays mais elle doit affronter la crise économique et devient « gestionnaire », s'éloignant ainsi du « grand soir ».

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À chaque élection le même rituel. Une partie de la presse y voit un pas vers la défaite finale, une autre, une victoire incontestée. Le Mouvement vers le socialisme (MAS) d'Evo Morales, le parti du président bolivien, est-il arrivé fin mars en tête de six départements sur les neuf que compte le pays ? Ou a-t-il plutôt perdu des bastions, comme la municipalité de El Alto ? Le scandale Petrobras mène-t-il à sa chute la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, ou faut-il plutôt s'attarder sur la baisse du nombre de manifestants entre mi-mars et mi-avril (de 1,7 million à 600 000), ou encore sur l'objectif déclaré de ses opposants de pousser la présidente vers la sortie ? Finalement, la gauche latino est-elle en crise ou définitivement indéboulonnable ?