Sierra Leone: les people au secours de la justice internationale

Par
Les témoignages de la top model et de l'actrice dans le cadre du procès contre Charles Taylor ne doivent pas être négligés, car ils ont le pouvoir d'envoyer l'ancien chef de guerre en prison, mais aussi de rappeler comment l'Occident finance les conflits africains.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Il est facile d'ironiser sur l'aspect télé-réalité des témoignages de Naomi Campbell et de Mia Farrow devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) à La Haye (Pays-Bas). On peut aussi regretter qu'il faille attendre que des people soient convoqués à la barre (et livrent des récits contradictoires), pour que le monde s'intéresse à un procès majeur, en cours depuis deux ans, celui de Charles Taylor, l'ancien président du Liberia accusé de crimes contre l'humanité. Il n'en demeure pas moins que le témoignage de l'ex-mannequin et les souvenirs de l'actrice américaine sont des éléments cruciaux pour l'accusation et, au-delà, dans la dénonciation de la manière dont les guerres africaines sont menées avec le soutien de riches occidentaux. Et si, en plus, la touche glamour apportée par Campbell et Farrow permet de faire de la publicité à l'action du Tribunal spécial, cela est toujours bon à prendre.