« Moi, je ne veux pas vivre ainsi » : au Québec, les personnes atteintes de démence peuvent prévoir leur fin de vie
Depuis 2024, dans la province canadienne, les personnes atteintes de maladie menant à la démence peuvent faire une demande anticipée d’aide à mourir et décider par avance à quel stade de leur maladie elles souhaitent quitter la vie. Troisième et dernier épisode de notre série de reportages au Québec.
QuébecQuébec (Canada).– Sandra Demontigny, 46 ans, a déjà célébré sa vie. Cela s’est passé dans le jardin d’André, son compagnon, avec vue sur le fleuve Saint-Laurent et la ville de Québec sur l’autre rive. C’était une grande fête avec la famille, les amis, les collègues. « J’ai pleuré beaucoup, de joie surtout, parce qu’on arrive à faire de bonnes jokes [blagues – ndlr] sur ma condition. J’ai quelquefois pleuré de peine. Mais je suis en paix, car j’ai un filet de sécurité : peu importe ce qu’il arrive, on respectera ma volonté. »
Depuis 2015, chaque évolution de l’aide médicale à mourir au Québec a été incarnée par une figure, un homme ou une femme, qui a donné une légitimité aux nouvelles extensions de ce droit. Ce fut Jean Truchon en 2019, au nom des personnes handicapées. Aujourd’hui, c’est Sandra Demontigny, qui entend profiter de chaque instant, et faire ses choix, jusqu’au dernier.