Emprisonnés, torturés: le sort d’exilés soudanais rejetés par l’Europe

Par Tomas Statius, Klaas van Dijken, Aziz Nour, Abdulmoniem Suleiman et The Migration Newsroom

Au terme d’une enquête entre l’Europe et le Soudan, Mediapart et ses partenaires du collectif The Migration Newsroom ont retrouvé la trace d’exilés soudanais expulsés de France, des Pays-Bas ou d’Italie. Tous racontent les menaces subies à leur retour, voire les tortures. De quoi interroger les relations privilégiées entretenues par plusieurs États de l’UE avec la dictature.

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Jalal a disparu. Plus personne n’a de nouvelles du jeune Soudanais depuis quelques semaines. Expulsé de France le 28 novembre, l’homme originaire du Darfour nourrissait des regrets. « Devant l’Ofpra [l’office chargé d’attribuer le statut de réfugié – ndlr], il n’a pas raconté son histoire », se lamente un membre d’une association de soutien aux exilés. Résultat, l’office a rejeté logiquement sa demande. Et Jalal a quitté la France sans avoir pu être entendu, malgré une demande de réexamen déposée lors de son passage en centre de rétention. « Je ne veux pas rentrer, je risque de mourir là-bas », expliquait-il dans une interview, quelques semaines avant son départ.