L’image de François Hollande dans un hangar de l’aéroport de Bangui fait inévitablement penser à d’autres images identiques : celles de George W. Bush rendant périodiquement visite aux soldats américains déployés au Koweït, en Irak ou en Afghanistan, à qui il s’adressait au cours de visites express sans quitter le bâtiment de tôle. Il n’est évidemment pas question de comparer l’intervention française en Centrafrique aux guerres menées par les Américains dans les années 2000, mais ces images d’un président répondant aux impératifs médiatiques contemporains en exaltant les vertus des troupes sur le terrain laissent entrevoir la même faille stratégique : a-t-on vraiment réfléchi aux implications politiques au-delà des opérations militaires ?