Géorgie: les raisons de la colère russe

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Les 10.000 soldats russes qui ont arrêté leur progression, mardi, gardent toutefois le contrôle des positions qu’elles occupent depuis la veille en territoire géorgien ainsi que dans les républiques séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, où Moscou dispose de plusieurs milliers de forces de «maintien de la paix». Mais l'offensive des cinq derniers jours est un message adressé aux ex-satellites devenus européens et pro-américains.

Lire aussi: Les enjeux cachés du pétrole et du gaz du Caucase, l'interview de la documentariste Nino Kirtadzé: «La réaction russe est totalement disproportionnée» et notre enquête publiée en mai dernier, lors du précédent regain de tension Moscou décide l'escalade militaire contre la Géorgie.

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Si la guerre entre la Russie et la Géorgie est en effet terrible, brutale et redoutable, comme l’a déclaré le ministre des affaires étrangères français, l’enjeu est loin d’être «microscopique». N’en déplaise à Bernard Kouchner. Dans cet usage disproportionné de la force du mastodonte russe contre un pays de 4,6 millions d’habitants, le Kremlin ne cherche pas seulement à défendre une population russophone de moins de cent mille personnes en Ossétie du sud. En s’engageant dans un conflit armé avec la Géorgie, un pays indépendant depuis 1991, le Kremlin mène en réalité une guerre diplomatique pour remettre au pas certains de ses voisins européens. Le message a bien été compris. Pour preuve la décision par les présidents ukrainien mais aussi polonais, lituanien et estonien, ainsi que le premier ministre letton, membres de l’Union européenne (UE) de rejoindre Tbilissi, en signe de solidarité avec une nation géorgienne agressée.