Cette Europe qui nous fait honte

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Dans le nouvel exécutif européen, le portefeuille « Migrations, affaires intérieures et citoyenneté » pourrait s’intituler « Protection de notre mode de vie européen ». Ce choix sémantique est une concession idéologique aux droites extrêmes, où l’obsession identitaire détrône l’exigence sociale.

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« Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. » C’est le souvenir de ce constat de Victor Klemperer qui nous est spontanément venu à l’esprit en découvrant que la nouvelle Commission européenne présidée par l’Allemande Ursula von der Leyen serait dotée d’une vice-présidence chargée de « protéger notre mode de vie européen », confiée au Grec Margarítis Schinás. Intitulé dont l’énoncé en langue anglaise fait écho à la fierté impériale étasunienne de l’« American Way of Life » : « Vice-President for Protecting our European Way of Life ».