Poussés à rentrer en Somalie, les réfugiés sont abandonnés à leur sort

Par Patricia Huon

Après avoir accueilli les réfugiés somaliens parfois durant plus de deux décennies, le gouvernement kényan les pousse à rentrer dans leur pays. De retour, ceux-ci se retrouvent totalement démunis, sans logement, sans école, sans hôpital.

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Kismaayo (Somalie), correspondance.-  Hubi Abdullahi Aden tient dans les mains sa carte d’identité de réfugié. Son nom, ceux de ses enfants, leur photo, leur âge… Ce bout de papier est la preuve d’existence de sa famille. Celle sur laquelle les agences humanitaires se basent pour les distributions d’aide et de nourriture. Mais, en ce moment, la mère de famille ne peut compter que sur elle-même. Sur les dunes de sable qui entourent la ville de Kismaayo, ville portuaire dans le sud de la Somalie, s’étendent des camps de déplacés où s’entassent des milliers de personnes, sous un soleil accablant. Elle pointe du doigt sa maison, un abri de fortune qu’elle a construit avec ce qu’elle a pu trouver : des branches d’arbres, des panneaux de tôle et des sacs en plastique.