Le carnaval cannibale de Donald Trump

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L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche il y a tout juste un an est en fait l’aboutissement d’un long processus. Pour reprendre une expression de Baudrillard, voici pourquoi et comment ce « roi de carnaval » est advenu, chargé d’une mission historique : détruire l’illusion démocratique.

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Le 8 novembre ils ont crié. Ils ont crié à Boston, Philadelphie, Chicago, Miami, Denver, Austin ou encore Salt Lake City. Ce qui avait commencé comme une blague par un appel lancé sur Facebook à « pousser des cris de désespoir à l’occasion de l’anniversaire de l’élection de Trump » s’est transformé en une véritable performance collective, exprimant le sentiment d’impuissance de milliers d’Américaines et d’Américains face à la politique de leur président. Selon les organisateurs, rien ne pouvait mieux exprimer le profond découragement du citoyen de base qu’un cri collectif, une vaste clameur de désespoir. « On a besoin d’une opportunité de nous rassembler et de crier, tout simplement. C’est une forme de catharsis collective pour rassembler nos forces et continuer à nous battre contre ce gouvernement », a déclaré à France Info Kate Kelly, une avocate de 37 ans à l'origine du rendez-vous organisé à Salt Lake City, dans l'Utah. « Cet événement, c'est l’expression d'une frustration collective, a déclaré Nathan Wahl, un autre crieur. Qu’est-ce qu'on peut faire ? Pour le moment, je cherche en vain une réponse. En attendant de la trouver, avec plusieurs milliers d'autres gens, on va hurler ! » Démocrates déçus, féministes en colère, militants associatifs, représentants des minorités étaient appelés à se rassembler pour exprimer leur sentiment d’impuissance et de désespoir… Même ceux qui ne pouvaient se déplacer étaient invités à crier dans leur coin. On pouvait moduler son cri à sa guise : hurlement, gémissement, grognement ou simple murmure, l’essentiel étant de crier son désespoir face à « ce show de merde qu’est devenue la politique américaine ».