Parlement européen: grand mercato et apparentements terribles

Par

Les négociations durent depuis deux semaines à un rythme effréné. Objectif pour chaque groupe : attirer le maximum d'élus. Au prix de grands écarts politiques. Marine Le Pen réussira-t-elle à créer un groupe ? Avec qui vont s'associer les élus de Beppe Grillo, de Nigel Farage ou les députés anti-euro de l'AFD allemand ? Inventaire.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyé spécial à Bruxelles. Pour une fois, la présidente du Front national a vu juste. Lors de sa conférence de presse fin mai à Bruxelles, Marine Le Pen, fatiguée des questions de journalistes voulant savoir avec qui elle comptait s'associer pour former un groupe politique au sein du parlement européen, avait fini par botter en touche : « Je remarque qu'on ne pose pas la question aux autres. On ne demande pas aux Verts français si ça ne les dérange pas d'être dans le même groupe que la NVA », ce parti indépendantiste flamand, classé très à droite de l'échiquier politique, qui était intégré au groupe des Verts à Strasbourg durant le mandat qui vient de s'écouler.

Au-delà du suspense sur le successeur de José Manuel Barroso à la tête de la commission (Juncker ou pas Juncker ?), un autre feuilleton bat son plein depuis bientôt trois semaines à Bruxelles. L'opération peut paraître technique et ennuyeuse : il s'agit de former les six, sept, peut-être huit grands groupes politiques qui organiseront la vie du parlement pendant cinq ans, à partir des 751 élus fin mai.